Traite des personnes : la Guinée classée en niveau 2 (liste de surveillance)
La République de Guinée, à l’instar de nombreux autres pays, a célébré ce mercredi 30 juillet la Journée internationale de la lutte contre la traite des êtres humains, sous le thème : « La traite des êtres humains est un crime organisé – Mettons fin à l’exploitation ».

En Guinée, cette journée a été marquée par une conférence de presse organisée par le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables.
La République de Guinée n’est pas épargnée par ce fléau. Des femmes, des hommes et des enfants y sont quotidiennement exploités à des fins de prostitution, contraints au travail forcé, à la mendicité, à commettre des délits, ou encore réduits en esclavage.
Prenant la parole à cette occasion, Lorraine Ndayirukive, représentante de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), est revenue sur la position de la Guinée dans cette lutte mondiale.
« Le rapport 2024 du Trafficking in Persons (TIP), publié par le Département d’État des États-Unis, place la Guinée au niveau 2 – liste de surveillance (Watch List), soulignant que, malgré les efforts réalisés, d’importantes lacunes subsistent », a-t-elle déclaré, avant d’en énumérer quelques-unes :
Un nombre insuffisant de poursuites et de condamnations des trafiquants ;
Des mécanismes encore limités pour l’identification et l’accompagnement des victimes ;
Un besoin criant de renforcement de la coordination entre les institutions nationales.
Toujours selon elle, ce classement, bien que préoccupant, constitue aussi un appel à l’action collective :
« Il met en lumière le travail qu’il reste à accomplir pour faire en sorte que la Guinée ne soit plus un pays d’origine, de transit ou de destination pour la traite des êtres humains. »

Lorraine Ndayirukive a insisté sur le fait que la lutte contre la traite des personnes n’est pas la responsabilité d’une seule institution :
« C’est notre responsabilité commune : gouvernement, société civile, institutions internationales, médias, citoyens. Tant qu’un enfant, une femme ou un homme sera exploité dans l’ombre, notre combat ne sera pas terminé. »
Elle a réaffirmé l’engagement de son organisation à soutenir les autorités et les acteurs de la société civile dans la construction d’un avenir plus sûr, plus juste et plus humain pour tous.
De son côté, le président du Comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées a reconnu que, malgré les efforts consentis, de nombreux défis restent à relever :
« Nous sommes confrontés à des difficultés sur tous les axes de la lutte contre la traite des personnes. Concernant la protection des victimes, par exemple, il est souvent difficile de répondre à leurs besoins. »
Intervenant au nom de la ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, Charlotte Daffé, le conseiller principal Sékou Fofana a souligné la nécessité de prendre des mesures fortes à tous les niveaux pour endiguer ce fléau :

« C’est vrai que la traite existe dans nos sociétés. Et bien que des engagements aient été pris depuis des années, elle persiste malheureusement. C’est pourquoi les Nations Unies ont consacré tout le mois de juillet à la lutte contre la traite. »
Mohamed Ybno
