Affaire Oyé Guilavogui : le procureur requiert 5 ans de prison contre lui et une amende de 50 milliards de GNF 

Poursuivi pour détournement de fonds publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, portant sur un montant estimé à 50 millions de dollars américains destinés à la relance et à l’extension de la société de téléphonie mobile SOTELGUI, ainsi que d’autres montants, le procès d’Oyé Guilavogui s’est poursuivi ce mercredi 1er avril 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

L’audience de ce jour était consacrée à la poursuite des plaidoiries et aux réquisitions. À cette occasion, le procureur Ousmane Sano, représentant du ministère public dans cette affaire, a rappelé les faits qui ont conduit le prévenu devant cette juridiction.

Il a également souligné que le prévenu ne s’est jamais présenté à l’audience depuis son départ en Tunisie pour des soins médicaux.

« Les 12 millions de dollars ( reliquat) liés au projet de relance de SOTELGUI n’ont jamais été justifiés. Ensuite, les 46 milliards de GNF relatifs au programme du Fonds forestier n’ont pas été justifiés non plus. De même, les 68 milliards de GNF concernant la confession des cartes (permis biométriques) n’ont également jamais été justifiés. C’est pourquoi, nous, représentants du ministère public, retenons Oyé Guilavogui pour le détournement de ces montants », a-t-il déclaré.

Avant de formuler ses réquisitions : « Il me plaît de demander à la Cour de retenir Oyé Guilavogui pour les faits de détournement de deniers publics portant sur les montants cités. Pour la répression, nous sollicitons sa condamnation à 5 ans d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 50 milliards de francs guinéens, ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt à son encontre. »

Finalement, l’affaire a été mise en délibéré pour une décision attendue le 29 avril 2026.

Placé sous mandat de dépôt le 31 mai 2022 à la Maison centrale de Conakry, il a été hospitalisé pour des problèmes de santé, d’abord à l’hôpital Ignace Deen, avant d’être évacué en Tunisie le 15 novembre 2023 pour des soins spécialisés. Depuis, l’ancien ministre du gouvernement d’Alpha Condé n’est pas revenu en Guinée, et son procès se poursuit donc en son absence.

Mohamed Fode Ybno