Sanoyah Mangueboungni : deux morts dans un accident

Un accident de la circulation s’est produit ce samedi aux environs de 4 h, dans le quartier Sanoyah Mangueboungni, dans la commune urbaine de Sanoyah. Le bilan fait état de deux morts, dont le chauffeur du camion, ainsi qu’une femme qui se rendait à son commerce. Trois boutiques avec leur contenu, ainsi que trois habitations, ont été endommagées. Plusieurs autres personnes ont été blessées.

Selon les informations reçues sur les lieux du drame, un camion-remorque transportant un conteneur de 40 pieds en direction de Conakry a perdu le contrôle. Il a percuté un minibus transportant des passagers avant de finir sa course dans une concession et des boutiques. Parmi les victimes, le chauffeur, non encore identifié, a succombé sur place. La deuxième victime est une femme du nom de Makalé, résidant dans le quartier, qui a été percutée par le camion lorsqu’elle tentait de traverser pour monter dans le minibus immatriculé BC 0243.

Fanta Souaré, l’une des victimes, raconte comment le camion est entré dans leur maison de trois chambres et un salon : « Nous étions couchés quand soudain, nous avons été réveillés par un grand bruit. En nous levant, nous avons vu qu’un camion était rentré dans notre maison. Pris de peur, nous sommes tous sortis en courant, mais malheureusement, nous avons vite dû retourner à l’intérieur à cause des coups de feu. Les premiers secours, qui étaient des jeunes, sont venus pour nous aider, mais malheureusement, ils n’ont pas pu car des tirs ont retenti de partout. »

Selon cette dame, le chauffeur était coincé derrière le volant et demandait de l’aide : « Il criait fort : “Aidez-moi, aidez-moi !” Mais personne ne pouvait le sauver, car des militaires cagoulés tiraient en l’air. Nous ne connaissions pas ces militaires cagoulés. »

Bien qu’il n’y ait pas eu de morts parmi les familles touchées, les dégâts matériels sont énormes. Selon Mme Souaré, ils n’ont plus de toit, d’où son appel désespéré au gouvernement pour qu’il vienne en aide aux sinistrés :
« Cette maison appartient à des personnes qui n’ont pas les moyens, leurs parents ne sont plus vivants. Moi, je suis leur petite-fille. Nous demandons au gouvernement, au président Mamadi Doumbouya, de nous offrir un toit. Nous ne savons pas où aller ni quoi faire. »

De son côté, Elhadj Amadou Diallo, vendeur de matériaux de construction, d’électroménagers et opérant aussi le transfert d’argent (Orange Money), dit avoir perdu plus de 90 millions de francs :
« J’ai perdu toutes mes marchandises, d’une valeur de plus de 90 millions de francs guinéens. J’avais aussi mon argent d’Orange Money dans la boutique, mais je ne l’ai pas retrouvé après l’accident. J’étais chez moi quand les voisins sont venus me réveiller pour me dire qu’un camion était entré dans ma boutique. Je suis venu, mais les policiers ne m’ont pas permis d’y accéder. Ils ont dit d’attendre qu’ils terminent leur travail, notamment d’extraire le corps du chauffeur du camion. »

Mamadou Bailo Bah, vendeur de pièces de moto, a déclaré avoir perdu toutes ses motos dans l’accident, ainsi que des marchandises d’une valeur de 75 millions de francs guinéens.