Drogues en Guinée : près de 29 % des jeunes de 15 à 18 ans consomment la chicha
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite de drogues, célébrée ce 26 juin 2026, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à travers l’Institut itinérant de formation et de prévention intégrées contre la drogue et autres conduites addictives (IIFPIDCA), a lancé un cri d’alarme face à l’ampleur du phénomène en Guinée et dans le monde.
Placée sous le thème « Le problème mondial de la drogue : des enjeux persistants, de nouveaux défis, des réponses innovantes », la rencontre a réuni, au siège de l’institut, à la Minière, des spécialistes de la santé, des forces de défense et de sécurité, des magistrats et des universitaires.
Les statistiques présentées par le directeur général de l’IIFPIDCA, Dr Thierno Bah, traduisent l’ampleur du défi. Selon lui, 300 millions de personnes ont consommé de la drogue dans le monde en 2025, soit 5,8 % de la population mondiale. Parmi elles, 67 millions souffrent de troubles liés à l’usage de substances psychoactives, tandis que près de 494 000 décès ont été enregistrés en lien avec la consommation de drogues.
« En 2025, il y a eu 300 millions de consommateurs de drogue dans le monde, soit 5,8 % de la population mondiale. Plus de 67 millions de personnes développent des troubles liés à l’usage de substances psychoactives et près de 494 000 décès sont liés à la consommation de drogue. C’est un problème mondial. »
Le constat est tout aussi préoccupant en Guinée. Les résultats d’une enquête nationale présentés lors de la rencontre révèlent que 28,87 % des jeunes âgés de 15 à 18 ans consomment la chicha, ce qui en fait la substance la plus répandue dans cette tranche d’âge. Viennent ensuite l’alcool (15,67 %), le protoxyde d’azote (1,94 %) et la drogue Kush (0,94 %), connue pour ses effets particulièrement dévastateurs.
« La prévalence de la consommation de la chicha est de 28,87 %, suivie de la consommation de l’alcool avec 15,67 %. Il y a également le protoxyde d’azote, dont la prévalence est de 1,94 %, et la drogue Kush, une drogue mortelle, dont la prévalence est de 0,94 %. Cela concerne les jeunes de 15 à 18 ans. »
Pour Dr Thierno Bah, ces chiffres interpellent d’autant plus que cette jeunesse représente le socle du développement futur du pays.
« Aujourd’hui, nous avons une vision pour notre pays, Simandou 2040. Les jeunes âgés de 15 à 18 ans aujourd’hui seront les véritables acteurs de ce projet en 2040. S’il existe une prévalence aussi élevée de consommation de substances psychoactives chez eux, il faut impérativement agir. Comme le disait le président Abdoulaye Wade : “Dis-moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quelle nation tu seras.” »
Au-delà de la prévention, les spécialistes alertent également sur les difficultés de prise en charge. Le psychiatre Dr Fayimba Mara a indiqué que son établissement a accueilli plus de 145 patients, souffrant principalement d’addictions au cannabis, au crack et à la drogue Kush.
« Sur cent patients suivis, nous avons la chance d’en récupérer un ou deux seulement. Les rechutes sont nombreuses, les traitements coûtent extrêmement cher et beaucoup de jeunes finissent malheureusement en prison. »
Les services de sécurité, eux, constatent une diversification des substances en circulation. Le commandant Sékou Oumar Camara a notamment cité le cannabis, la cocaïne, le crack, le tramadol, le Valium associé aux boissons énergisantes, le Néocodion, le protoxyde d’azote et la drogue Kush, tout en assurant que les Services spéciaux poursuivront la traque des réseaux criminels.
Mediaguinee
