Palais du peuple : un ultime hommage rendu à feue Hadja Andrée Touré
La Guinée a rendu un hommage solennel à Hadja Andrée Touré ce dimanche 12 juillet à travers un symposium organisé au Palais du Peuple de Conakry avant son inhumation aux cases belles vue.La cérémonie qui s’est déroulée au palais du peuple a réuni des membres de sa famille, des proches, des sympathisants ainsi que plusieurs hauts responsables civils et militaires venus saluer la mémoire de celle qui fut la première Première dame de la République de Guinée
Une occasion de retracer l’histoire et le parcours de Hadja Andrée Touré à travers plusieurs témoignages. Son engagement aux côtés de son époux, l’ancien président Ahmed Sékou Touré, son implication dans des actions sociales ainsi que les épreuves traversées durant sa vie ont occupé une place centrale dans les différents hommages rendus.
À titre posthume, Hadja Andrée Touré a été élevée au grade de Commandeur de l’Ordre national du Colatier par décret présidentiel en date du 10 juillet, lu lors du symposium. Cette distinction reconnaît notamment « sa résilience face aux épreuves, la paix qu’elle voyait comme horizon et le pardon qu’elle voyait comme réconciliation ».
Prenant la parole au nom des petits-enfants, Kadigbè Kourouma a livré un témoignage empreint d’émotion sur la personnalité de Hadja Andrée Touré. Il a rappelé que, malgré les nombreuses responsabilités assumées et les difficultés rencontrées au cours de son existence, elle a toujours conservé son attachement aux valeurs familiales. « Malgré ses responsabilités qu’elle a portées tout au long de sa vie, malgré les épreuves qu’elle a traversées, les années de pouvoir, la perte de son époux, la prison, l’exil et les nombreuses blessures de l’existence, elle n’a jamais laissé les souffrances altérer la tendresse qu’elle portait à sa famille », a-t-elle témoigné.
Selon elle, ces expériences ont contribué à renforcer son humanité et sa capacité à soutenir les autres. « Elles ont fait d’elle une femme encore plus forte, plus bienveillante et plus attentive aux autres. Être auprès d’elle, c’était se sentir protégée. Sa présence rassurait, son regard réconfortait et ses conseils avaient toujours la sagesse de l’expérience », a-t-elle ajouté.
Évoquant l’héritage laissé par l’ancienne Première dame, Kadigbè Kourouma a insisté sur les valeurs transmises aux générations futures. « Elle nous a appris le respect des autres, la dignité dans l’épreuve, la fidélité à sa parole, le sens de la famille, la foi, la patience et le courage », a-t-elle déclaré.
Pour elle, la véritable grandeur de Hadja Andrée Touré ne se mesurait pas seulement aux titres et aux honneurs, mais plutôt « à la manière dont on traite les autres et à l’amour que l’on sème autour de soi »
Au nom des proches, Elhaj Hassan Keïta a rappelé l’engagement de Hadja Andrée Touré aux côtés de son époux dans la construction du projet politique porté par la première République. « Elle s’est illustrée par son sens élevé du patriotisme pour accompagner son époux dans la lutte pour asseoir les bases de l’union, du progrès et du rayonnement de la doctrine de la Révolution : tout pour le peuple et par le peuple », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que Hadja Andrée Touré avait œuvré à la préservation des acquis de cette période, à la défense des intérêts collectifs ainsi qu’à la valorisation de l’identité, de la culture et de la civilisation africaine.
À cette occasion, un plaidoyer a été adressé au président de la République pour la levée de la sanction administrative frappant le PDG-RDA, parti auquel Hadja Andrée Touré a consacré une grande partie de sa vie.
Au nom de la famille, Aly Badara Doukouré a également sollicité que le nom de Hadja Andrée Touré soit attribué à un centre actuellement en activité en République de Guinée, en reconnaissance de son engagement social.
Cette demande repose sur plusieurs initiatives qui lui sont attribuées, notamment « la promotion et l’autonomisation économique des femmes », la création des centres de promotion féminine dont elle assurait personnellement l’animation et la supervision, ainsi que son implication dans le Centre d’éducation de la petite enfance du 2 Octobre, l’école des sourds et muets et le centre de solidarité des groupes défavorisés et vulnérables de Ratoma.
Avec Guinee7
