Concours de recrutement de la première promotion de l’ENA : le ministre François Bourouno lance les épreuves

Le ministre de la Modernisation, de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, accompagné de son homologue des Transports, a procédé, ce mercredi 30 septembre 2026, au lancement des épreuves du concours de recrutement de la première promotion de l’École nationale d’administration (ENA), pour la phase des questions à choix multiples (QCM).

La cérémonie s’est déroulée à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, en présence des autorités universitaires ainsi que du directeur général de l’ENA.

Dans son intervention, le ministre Faya François Bourouno a tenu, avant tout, à féliciter la direction générale de l’École nationale d’administration pour la qualité de l’organisation mise en place pour le déroulement de ce concours.

« C’est un acte majeur, un acte qui change tout, parce qu’il inscrit désormais la Guinée sur une trajectoire irréversible de modernisation de son État. Nous avons constaté que les candidats sont dans toutes les conditions requises pour passer les épreuves.

C’est la deuxième phase du concours. Ceux qui seront admis à cette étape passeront la troisième phase, qui consistera en des entretiens devant un jury déjà mis en place. Les 240 meilleurs candidats qui réussiront cette dernière étape constitueront la cohorte de la première promotion de l’ENA », a expliqué le ministre.

Fonctionnaires et non-fonctionnaires concernés par le concours

Interrogé sur la possibilité pour les candidats admis d’intégrer directement la Fonction publique, le ministre a apporté des précisions sur les deux catégories de candidats concernées par ce recrutement.

« Le concours cible deux catégories. La première concerne les fonctionnaires en activité, qui disposent déjà d’un matricule et qui ont postulé pour obtenir le diplôme de l’ENA. Celui-ci leur permettra d’accéder à des niveaux de responsabilité plus importants afin de mieux servir l’État.

La deuxième catégorie concerne les agents non fonctionnaires, notamment les diplômés des écoles et des universités qui ne sont pas encore fonctionnaires. Nous leur avons également réservé des places dans le cadre de ce concours.

Une fois admis, ces candidats auront le statut d’élèves fonctionnaires stagiaires. Ce n’est qu’après avoir suivi et validé le programme de formation de l’ENA qu’ils seront titularisés en tant que fonctionnaires. Ils bénéficieront alors du même statut que les autres. Il y aura donc des fonctionnaires et des non-fonctionnaires », a-t-il précisé.

« Le diplôme de l’ENA est un parcours complet de deux ans »

Pour le ministre, l’École nationale d’administration occupe une place importante dans le processus de modernisation de l’État et dans la réalisation des ambitions de développement de la Guinée. Il a également insisté sur la portée du diplôme délivré au terme de la formation.

« Le diplôme de l’ENA est un parcours complet de deux ans. Il permettra aux sortants d’obtenir un diplôme leur donnant la possibilité de servir l’État à des niveaux d’encadrement supérieur et intermédiaire, conformément au profil de compétences défini dans le cadre de ce programme.

L’école repose sur quatre piliers que j’ai rappelés tout à l’heure. Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que la gouvernance constitue une dimension essentielle. Celle-ci prend notamment en compte la rigueur dans le processus de sélection des élèves fonctionnaires qui intègrent les différents programmes de cette école », a-t-il souligné.

De son côté, Mamadou Barry, directeur général de l’ENA, a indiqué que, dans le cadre de ce processus, le ministère bénéficie de l’accompagnement de l’École nationale d’administration publique (ENAP) du Québec, notamment pour l’élaboration du programme de formation et la conception des épreuves.

Il a également tenu à rassurer les candidats sur l’équité du processus de sélection, en insistant sur le mérite comme seul critère de réussite.

« Comptez sur vous-mêmes. Comme je l’ai dit, la seule faveur, c’est le mérite. Et cette faveur dépend de vous-mêmes. Ce n’est pas quelqu’un qui vous accorde une faveur. C’est à vous de faire vos preuves et de mériter votre admission », a-t-il déclaré.

Les candidats saluent une initiative inédite

Interrogé à cette occasion, Kamara Ousmane Salami, chef des travaux à la commune de Matoto et candidat au concours, a salué cette initiative qu’il considère comme une première en République de Guinée.

« Nous sommes très ravis de ce concours, parce que c’est une première en Guinée. Nous avons toujours sollicité davantage de performance et appelé à nous remettre en cause. Nous remercions donc l’État, car c’est une première fois en Guinée que les citoyens ont accès à l’École nationale d’administration à travers un concours de ce type.

Je pense que si de telles initiatives se poursuivent, elles nous aideront à nous perfectionner et permettront également à d’autres jeunes de développer leurs talents. C’est donc un atout pour nous aujourd’hui », a-t-il affirmé.

Concernant ses chances de réussite, le candidat s’est dit confiant, tout en reconnaissant l’incertitude inhérente à toute compétition.

« Je suis très confiant, parce que j’ai déjà de l’expérience. L’expérience est un facteur de réussite. Ce concours arrive donc au bon moment. Il comporte plusieurs phases : soit on est admis, soit on ne l’est pas, car tout peut arriver. Mais je reste confiant quant à mes chances de figurer parmi les meilleurs », a-t-il déclaré.

Pour cette première promotion, le gouvernement prévoit 240 places. Plus de 2 500 candidats, venus de différentes régions du pays, prennent part à ce concours de recrutement, soit environ dix candidats pour une place disponible.

YB