Signature électronique en Guinée : Faya François Bourouno appelle à l’action et à ne pas craindre les erreurs

« Il ne faut pas qu’on ait peur des erreurs. » C’est l’un des messages forts lancés par le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, à l’occasion de l’ouverture, ce mercredi 21 octobre 2026, des travaux de l’atelier de validation de la signature électronique et de son cadre juridique.

Cette rencontre, initiée par le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, en collaboration avec l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE), avec l’appui du ministère de la Justice et des Droits de l’homme, vise à poser les bases d’un dispositif fiable et sécurisé de signature électronique en Guinée.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre, directeur de cabinet à la Primature, Dr Daouda Camara, représentant le Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah.

Au cours de cet atelier, les participants prendront part à plusieurs tables rondes et séances d’échanges consacrées notamment aux besoins en matière de signature électronique, d’authentification et de sécurisation des échanges.

Les discussions porteront également sur le cadre juridique et réglementaire applicable, la présentation des projets de textes réglementaires, la mise en place de groupes thématiques, la reconnaissance et la valeur probante de la signature électronique, ainsi que les rôles et responsabilités des différents acteurs concernés.

Cet atelier doit permettre aux participants d’examiner les dispositions proposées, de consolider les contributions des différentes parties prenantes et de s’assurer que le dispositif envisagé répond aux exigences de sécurité, de conformité juridique et d’efficacité opérationnelle.

Le garde des Sceaux insiste sur la sécurité juridique

Prenant part à cette rencontre, le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, a rappelé que la signature électronique ne constitue pas uniquement un outil informatique, mais soulève également des questions fondamentales de droit.

« Un document signé électroniquement n’a de valeur que si la loi lui reconnaît la même force probante que l’écrit sur papier, et si le juge de même peut s’appuyer sur lui en toute sécurité.

Le cadre réglementaire que nous allons examiner aujourd’hui doit répondre à trois exigences : la sécurité juridique d’abord, définir clairement les niveaux de signature, les conditions de validité et la valeur probante des actes électroniques ; la cohérence ensuite, une seule chaîne de confiance nationale sous la conduite de l’ANDÉ au service de toutes les administrations, plutôt que des solutions dispersées et incompatibles ; la responsabilité enfin, préciser le rôle de chaque acteur, de l’autorité de certification jusqu’à l’agent signataire, et les garanties offertes à l’usager », a-t-il expliqué.

Au nom du ministre secrétaire général du gouvernement, Tamba Benoît Kamano, Mohamed Lamine Kaba a rappelé que la reconnaissance juridique de la signature électronique est déjà prévue par la législation guinéenne, notamment à travers l’article 1003 du Code civil.

« Lorsqu’elle est électronique, elle consiste en l’usage d’un procédé fiable d’identification garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache »
Pour Mohamed Lamine Kaba, ce décret constitue une avancée importante dans la sécurisation des échanges électroniques. Il ouvre également une nouvelle phase consacrée à son opérationnalisation, à travers la finalisation des instruments réglementaires et la clarification des responsabilités des institutions concernées.
La signature électronique n’est pas une simple innovation technologique. Elle constitue bien au contraire une véritable transformation des méthodes de travail de l’État, de la production des actes administratifs à leur validation, de leur transmission à leur conservation »
Toujours au nom du ministre secrétaire général du gouvernement, Tamba Benoît Kamano, il a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner le processus jusqu’à son aboutissement.

Faya François Bourouno : « L’heure n’est plus à l’hésitation »

De son côté, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a rappelé que la réflexion autour de la signature électronique ne date pas d’aujourd’hui. Selon lui, leurs prédécesseurs au sein de l’administration avaient déjà envisagé la mise en place de cet outil.

Il estime cependant que le moment est désormais venu de passer de la réflexion à l’action, tout en acceptant les erreurs susceptibles de survenir au cours du processus.

« L’heure n’est plus à l’hésitation. L’heure, maintenant, est à l’action, à l’opérationnalisation de solutions.

On n’aura jamais de voix très sûre qu’on fera des erreurs. Il ne faut pas qu’on ait peur des erreurs. Comme on le dit, les Anglo-Saxons ou les Américains, ils sont forts dans la méthode essai-erreur. Ils essaient tout ce qu’ils pensent, ils mettent en œuvre, sachant qu’ils vont commettre des erreurs, et puis après, ils reviennent pour rectifier, ils vont maintenant de manière beaucoup plus sûre. C’est ce que nous allons continuer à faire.

Les textes resteront les textes. L’évolution institutionnelle continuera aussi à connaître toute sa dynamique. La validation qui va être faite va être une validation technique à votre niveau, et nous porterons tous ces projets à l’appréciation aussi des plus hautes autorités, pour que nous nous assurions que on est en parfait alignement avec la vision politique », a-t-il souligné.

À travers cette intervention, le ministre a invité les acteurs concernés à privilégier une démarche pragmatique, fondée sur l’expérimentation, l’apprentissage et l’amélioration continue des solutions numériques.

Dr Daouda Camara : « La transformation numérique s’impose comme un levier majeur de développement »

Procédant au lancement officiel des travaux au nom du Premier ministre, chef du Gouvernement, le ministre, directeur de cabinet à la Primature, Dr Daouda Camara, a souligné que la transformation numérique constitue aujourd’hui un levier essentiel du développement économique, de la modernisation de l’État et de l’amélioration de la gouvernance publique.

« Aujourd’hui, les attentes des citoyens et des entreprises sont de plus en plus fortes en matière de célérité, en matière de transparence, d’accessibilité, d’efficacité des services publics. L’administration doit donc évoluer en simplifiant ses procédures, en tirant pleinement profit des opportunités offertes par les technologies du numérique. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la mise en place d’un dispositif fiable de signature électronique », a-t-il déclaré.

Selon lui, la signature électronique doit aller bien au-delà d’un simple outil technologique. Elle doit devenir un instrument stratégique de dématérialisation des procédures administratives, de sécurisation des échanges, de réduction des délais de traitement et de renforcement de la confiance entre l’État, les entreprises et les citoyens.

Il a toutefois insisté sur la nécessité de mettre en place un environnement juridique et institutionnel adapté pour garantir l’efficacité et la crédibilité du dispositif.

« Toutefois, pour que cet instrument produise les résultats attendus, son utilisation doit reposer sur un cadre juridique clair, un dispositif technique sécurisé et une gouvernance institutionnelle cohérente. La transformation numérique ne peut être durable que si elle s’accompagne de la sécurité, de la confiance et de garanties juridiques solides », a-t-il indiqué.

Pour terminer, Dr Daouda Camara a, au nom du Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, invité les participants à accorder une attention particulière aux différents enjeux liés à la mise en œuvre de la signature électronique en Guinée.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’administration publique guinéenne, avec pour ambition de simplifier les procédures, de renforcer la sécurité des documents administratifs et d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens.

YB