Après l’échec des négociations, une grève illimitée déclenchée à partir du 1er décembre

Après plusieurs heures de discussions marquées par de longues interruptions et des tensions croissantes, les négociations entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation n’ont finalement pas abouti. C’est donc à 0h35 que l’intersyndicale a annoncé le déclenchement d’une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national, à compter du lundi 1er décembre 2025.

Prenant la parole à cet effet, Aboubacar Diesto Camara, porte-parole, est revenu sur les différentes étapes des négociations, marquées par de longues pauses :

« Nous sortons d’une négociation. Vous constatez qu’il est déjà 0h. Nous avons commencé à 11h28, alors qu’il était prévu de démarrer à 10h. À un moment donné, il a fallu surmonter plusieurs obstacles pour accéder à la salle. Une fois entrés, de 11h jusqu’à maintenant, nous avons enregistré six pauses. Certaines ont duré jusqu’à 2h01, d’autres 54 minutes, d’autres encore 112 minutes.

Malgré tout cela, nous avons fait preuve de bonne foi pour poursuivre les discussions dans l’intérêt des enseignantes et enseignants de Guinée. Mais nous avons également constaté qu’à partir de 22h–23h, le gouvernement a affiché une attitude qui ne nous a pas plu. »

Pour ce syndicaliste, les propositions gouvernementales sont insuffisantes : « À partir de 23h, le gouvernement a proposé 5 % d’augmentation sur l’ensemble des primes, ce qui représentait environ 70 000 francs guinéens. Lorsque nous avons rejeté cette proposition, la partie gouvernementale s’est retirée, puis est revenue avec une nouvelle proposition de 10 %, soit environ 193 000 francs guinéens. Nous avons estimé que la bonne foi n’était toujours pas au rendez-vous. Il a fallu attendre 0h pour que le gouvernement nous demande de patienter jusqu’à lundi afin que les ministres concernés rejoignent la table des négociations. Pour nous, il ne s’agissait que d’une manœuvre dilatoire et superfétatoire. L’intersyndicale refuse de se prêter à ce jeu et décide de déclencher une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Ce mandat nous a été donné par les enseignantes et enseignants lors de l’Assemblée générale. Je vous remercie. »

Malgré la rupture des négociations, l’intersyndicale se dit toujours disposée à poursuivre le dialogue :

« On peut négocier même pendant la grève. Et lorsque la grève est déclenchée, si la partie gouvernementale fait preuve de bonne foi, il n’y a aucune raison pour que l’intersyndicale ne revienne pas autour de la table. En période de guerre, on peut toujours négocier la paix. C’est de cela qu’il s’agit. »

La grève générale et illimitée prend donc effet ce lundi, laissant planer de fortes incertitudes sur le fonctionnement des écoles à travers le pays, en attendant une éventuelle reprise des discussions. De l’autre côté, le SLECG, dirigé par Aboubacar Soumah, a pris ses distances et refuse pour l’instant de s’associer au mouvement, estimant que la voie du dialogue reste encore ouverte.

Le syndicat tiendra une Assemblée générale ce samedi pour informer sa base.

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