CRIEF : À la barre, le Dr Ibrahima Kourouma nie les faits, l’affaire renvoyée au 22 janvier prochain
Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, Dr Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, a comparu pour la première fois devant la cour de jugement de la CRIEF depuis qu’il a été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry il y a 33 mois.
Au début de l’audience, la Cour a rappelé au prévenu les raisons de sa comparution : « Vous êtes prévenu devant cette Cour pour avoir, à Conakry, détourné ou soustrait des deniers publics d’un montant de 612 milliards 520 millions 784 800 mille francs guinéens et 12 millions de dollars américains de l’État guinéen… Vous êtes également prévenu, dans les mêmes circonstances, en votre qualité d’agent public, d’avoir été dans l’incapacité de justifier l’origine de vos biens et les sources qui vous ont permis d’acquérir votre patrimoine. Est-ce que vous reconnaissez ces accusations ? »
Appelé à la barre, le prévenu, pharmacien de profession, marié et père de deux enfants, a nié les faits qui lui sont reprochés : « Non, Monsieur le Président. »
Pendant ce temps, l’agent judiciaire de l’État a sollicité le renvoi de l’affaire à la huitaine :
« Je suis là pour demander le renvoi, afin de me permettre de faire la copie du dossier, prendre connaissance des pièces, des auditions, des interrogatoires et des prévenus, et de préparer correctement la défense de l’État », a déclaré Me Pépé Lamah.
Quant aux avocats de Dr Ibrahima Kourouma, ils ont sollicité la mise en liberté de leur client avant la prochaine audience, qu’ils jugent arbitraire, en raison de ses 33 mois de détention à la Maison centrale de Conakry.
Sur cette demande, l’agent judiciaire de l’État a demandé un cautionnement de 500 milliards de francs guinéens.
Après avoir entendu les deux parties, la Cour a rejeté la demande de mise en liberté de Dr Ibrahima Kourouma et a renvoyé le dossier au 22 janvier prochain.
Mohamed Ybno
