Dossier Ibrahima Chérif Bah : 10 ans de prison ferme et un mandat d’arrêt requis contre le prévenu

Le dossier d’Ibrahima Chérif Bah, membre du bureau politique national de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), s’est ouvert de nouveau ce lundi 10 mars 2025 devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières.

Absent au procès, le prévenu est poursuivi par l’État guinéen devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) pour détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, abus de fonction, vol et complicité.

L’audience de ce jour était consacrée aux plaidoiries et réquisitions de la partie civile et du ministère public.

Me Faya Gabriel Kamano, au nom de la partie civile, a requis en ces termes : « Au nom de la Guinée, ce montant a été transféré à une ONG humanitaire fantôme sur le compte et dans l’intérêt de Monsieur Ibrahima Sory Bah. Cet argent, à travers les pièces du dossier, n’est pas passé par le circuit normal, mais aussi par le biais des cambistes que Monsieur Chérif Bah utilisait…

En plus de cela, le prévenu, comme vous le verrez, a constitué un patrimoine impressionnant qui n’est nullement en adéquation avec ses revenus. À cet effet, nous sollicitons qu’il nous plaise. Nous avons déposé des conclusions dans lesquelles nous avons cité l’impressionnant patrimoine du prévenu. Nous vous prions, Monsieur le Président, Honorables membres de la cour, d’ordonner la confiscation des biens du prévenu.

Ce jugement doit être réputé contradictoire, car il existe au moins la preuve que le prévenu était informé de l’ouverture d’un procès contre lui, mais il ne s’est jamais présenté pour justifier de sa maladie. Alors qu’il publie des tribunes. Ainsi, en prononçant la décision, Monsieur le Président, nous vous prions de rendre un jugement contradictoire à son encontre. Nous vous prions, Monsieur le Président, sur la base des articles 4 et 486 du code de procédure pénale, de faire droit à la constitution de parties civiles de l’État guinéen, de condamner le prévenu à payer la somme principale détournée, soit 10 millions 500 000 dollars, de le condamner au paiement de 100 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts, et d’ordonner l’exécution provisoire de la décision intervenue… », a déclaré Me Faya Gabriel Kamano.

Dans ses réquisitions, le procureur spécial de la CRIEF a demandé à la Cour de retenir le prévenu dans les liens de la culpabilité pour des faits de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, abus de confiance, vol et complicité.

Il a également demandé la condamnation de l’ancien gouverneur de la Banque centrale à 10 ans d’emprisonnement ferme avant de solliciter un mandat d’arrêt contre lui.

Après avoir écouté les parties, la cour a mis l’affaire en délibéré pour une décision qui sera rendue le 28 avril 2025.

Mohamed F Yhno