Dr Faya Millimono au Président Mamadi Doumbouya : « Ce qu’on attendait de lui dans ce discours, c’est qu’il revienne sur son engagement initial… »
Lors de son discours de Nouvel An, le président de la transition avait annoncé la reprise des activités politiques en 2025. Interrogé ce jeudi 3 janvier 2025 au tribunal de première instance de Kaloum, où il est venu soutenir Aliou Bah, Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral, a estimé que cette annonce du Général Mamadi Doumbouya était : « Un petit pas dans la bonne direction. Sauf que lorsqu’on dit quelque chose que l’on n’a pas respecté, il est très difficile d’être cru désormais », a-t-il commencé avant de poursuivre : « Ce qui est clair, c’est qu’après l’arrivée des militaires en 2021, compte tenu de tout ce que le pays a traversé, beaucoup d’acteurs politiques étaient prêts à leur accorder du temps, jusqu’au moment où ils ont montré un mauvais visage. »
« Aujourd’hui, ce qu’on attendait de lui dans ce discours, c’est qu’il revienne sur son engagement initial, en tant que soldat qui ne sera pas candidat, en tant que membre du CNRD qui ne sera pas candidat, et en tant que membre du gouvernement qui ne sera pas candidat. Le fait de ne pas revenir là-dessus, comme il l’a fait pendant ces années successives, nous fait douter de la sincérité de ses propos d’hier soir », martèle le président du Bloc Libéral.
À la question de savoir si cette reprise des activités des partis politiques signifierait aussi la reprise des manifestations politiques, Dr Faya Millimono répond : « Je crois que cela doit aller de pair. Une fois que les activités politiques sont reprises, les citoyens doivent avoir le droit, en toute légalité, de manifester. »
Dans la même interview, il a été interpellé sur la question suivante : avec cette reprise annoncée des activités politiques, ne risque-t-il pas d’y avoir un retour du CNRD en campagne ?
À cela, il répond : « Ils sont déjà en campagne, et nous, nous sommes en train de préparer un dossier contre eux. Car il est contraire à la charte que des fonds publics aient été utilisés pour faire le tour de la Guinée et mener une campagne pour un candidat non encore déclaré. »
« La charte nous gouverne actuellement. Je m’attendais à ce que les procureurs s’autosaisissent, car des fonds publics ont été utilisés pour cette campagne. Nous avons déjà contacté nos avocats pour préparer un dossier contre tous ceux qui, en violation de la charte qui nous sert de constitution aujourd’hui, utilisent les fonds publics pour faire campagne à travers le pays. »
Mariame Fodé Ybno
