Guinée : Signature de la convention collective des mines et carrières, 30 ans après


Le patronat guinéen unifié, dénommé Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI), a participé ce vendredi 14 février 2025 à la signature de la convention collective des mines, carrières, industries minières et assimilées, marquant ainsi une étape cruciale dans le domaine minier, 30 ans après la précédente convention. Depuis cette date, le secteur minier a connu une croissance exponentielle, avec l’arrivée de nouveaux investisseurs, l’évolution des conditions de travail, ainsi que des impératifs liés à la protection sociale et environnementale.

La cérémonie, qui s’est déroulée dans la salle du 28 septembre du Palais du Peuple, a réuni les membres du gouvernement, les responsables et acteurs miniers, ainsi que le mouvement syndical et le patronat guinéen.
Cette signature marque le renouvellement de la convention collective des mines, carrières, industries minières et assimilées.


La nouvelle convention introduit cinq avancées majeures :
La mise en place d’une grille salariale fixant un salaire de base minimum d’entrée ;

-La prise en compte de la sous-traitance, avec un salaire minimum de 70 % du salaire de base des sociétés mères ;

-L’amélioration de la prime de départ à la retraite ;

-L’augmentation du nombre de jours de congé pour les événements sociaux ;

-L’extension du champ d’application de la convention à tous les opérateurs du secteur minier et des carrières.
Elle comprend également plusieurs points clés, tels que :
-Les droits syndicaux et la liberté d’associationLe droit de grèveLes contrats de travail et le licenciement

-Les conditions de travail et de rémunérationL’hygiène, la sécurité et la santé au travail

-La formation professionnelle et l’apprentissageLa retraite et le départ anticipé

Dans sa communication, Ansoumane Kaba, président du patronat guinéen unifié, a indiqué que cette signature est une grande satisfaction pour la CGE-GUI.
« Depuis toujours, nous avons placé le dialogue social au cœur de notre engagement, aussi bien avec les pouvoirs publics qu’avec les travailleurs. Cette convention, c’est en quelque sorte enlever les obstacles à la justice et à la bonne infrastructure. Je vous invite à venir voir les résultats inscrits sur cette convention, qui est en grande partie le fruit de votre engagement et de votre confiance en notre capacité commune à avancer ensemble. Vous avez cru au dialogue, à la concertation et à la négociation pour obtenir des accords solides et durables », a-t-il déclaré.

Toujours en parlant de l’utilité de cette convention collective, il a précisé : « La convention collective que nous venons de signer, ainsi que celles à venir, et les grilles de salaires qui les accompagneront, auront force obligatoire. Elles seront négociées entre le patronat et les syndicats dans le cadre de la CIPC avant d’être entérinées par les pouvoirs publics. Aucun acteur économique ne pourra s’y soustraire. C’est pourquoi il est essentiel que nous nous mobilisions dès maintenant pour accompagner ce processus structurant. »

Selon Ansoumane Kaba, l’objectif est clair : donner à notre économie les bases solides d’une réglementation moderne et adaptée, garantissant un développement harmonieux et inclusif.
« Une économie bien structurée est une économie productive, compétitive et génératrice d’emplois de qualité. Nous devons adopter les outils nécessaires pour y parvenir, et parmi eux, la convention collective occupe une place essentielle », a-t-il ajouté.

Il a profité de l’occasion pour inviter chacun à mettre de côté les querelles de leadership et à se concentrer sur l’essentiel : « Avancer ensemble pour le bien-être de notre secteur et de notre économie », a-t-il martelé.

De son côté, le président du Conseil d’administration de la Chambre des Mines de Guinée, Ismaël Diakité, a souligné devant l’assistance : « Aujourd’hui marque une étape décisive pour le secteur minier guinéen… La signature de cette convention collective ne constitue pas une simple formalité, mais le socle d’un nouveau contrat social qui place la dignité humaine et la solidarité au cœur de notre modèle économique. Il ne s’agit pas uniquement d’un accord sectoriel, mais d’un engagement en faveur d’une croissance inclusive et d’un système qui valorise l’effort, garantit l’équité et préserve la prospérité à long terme. Nous ne nous sommes pas contentés de déterminer des niveaux de salaires minimums. Nous avons travaillé à long terme. Nous ne nous sommes pas contentés de déterminer des niveaux de salaires minimums. Nous avons travaillé à assurer des conditions de travail dignes, équitables et protectrices. Un salaire ne doit pas seulement permettre de vivre, il doit être un levier d’épanouissement personnel et familial, un rempart contre la précarité et un vecteur de justice sociale », a-t-il martelé.
Il a en outre rappelé que cette convention est le fruit d’un dialogue rigoureux et concerté, visant à trouver un équilibre entre la croissance économique, la paix sociale et l’intégration des citoyens dans l’emploi.
« La Chambre des Mines de Guinée s’engage à poursuivre ce combat avec rigueur et intégrité. Il ne s’agit pas de répondre à des revendications conjoncturelles, mais de construire un cadre qui résiste au temps, favorise la productivité et assure la compétitivité de notre économie. Aujourd’hui, nous ne signons pas seulement une convention, nous lançons une dynamique nouvelle. Cette initiative reflète la volonté commune de construire un environnement de travail stable, équitable et prospère pour tous les acteurs du secteur minier », a ajouté M. Diakité.
D’après le ministre du Travail et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, la convention collective signée ce jour est le fruit d’un travail d’équipe basé sur un dialogue constructif entre les représentants des employeurs et des syndicats, sous la médiation de l’inspection générale du travail. Elle témoigne de l’engagement du ministère du Travail à améliorer les conditions de travail et à garantir les droits fondamentaux de tous les salariés du secteur.
Selon le ministre : « La signature de cette convention s’inscrit pleinement dans les priorités du gouvernement pour la promotion du travail décent dans notre pays. Elle permettra d’assurer un environnement de travail plus sûr et plus équitable, tout en favorisant l’employabilité de nos travailleurs dans un secteur en constante évolution. C’est pourquoi je tiens à saluer l’engagement et la détermination de chacun d’entre vous pour la contribution de qualité ayant conduit à la conclusion de cette convention. Notre volonté commune de défendre les intérêts des travailleurs du secteur minier est un exemple à suivre et une source d’inspiration pour les autres secteurs », a-t-il déclaré.
Pour conclure, le ministre a invité les différentes parties à continuer à travailler ensemble, à évaluer régulièrement les progrès réalisés et à adapter leurs actions en fonction des besoins et des attentes des travailleuses et travailleurs guinéens.