Ibrahima Sory II Tounkara : « Je prends l’engagement irrévocable de servir la justice guinéenne avec humilité… »

Le nouveau ministre de la Justice guinéenne, le magistrat Ibrahima Sory II Tounkara, a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions ce mercredi 4 février 2025. La cérémonie de passation de service avec son prédécesseur, Yaya Kaïraba Kaba, s’est déroulée à la Chancellerie, en présence du ministre secrétaire général du Gouvernement, Tamba Benoît Kamano.

Cette occasion a permis au nouveau Garde des Sceaux de décliner une vision fondée sur l’autorité de l’État de droit, la dignité humaine et cinq engagements majeurs destinés à restaurer la confiance des citoyens.

« La justice n’est ni vengeance ni complaisance ; elle est équilibre, mesure et autorité légitime. C’est pourquoi je m’engage solennellement à respecter scrupuleusement la hiérarchie institutionnelle, à inscrire mon action dans la discipline gouvernementale et à faire du ministère de la Justice une administration exemplaire, lisible et responsable. La justice est le pilier silencieux de la République lorsqu’elle est forte ; la nation est stable lorsqu’elle est crédible », a-t-il déclaré.

Poursuivant son propos, il a ajouté : « Aucune réforme ne réussira sans une prise de conscience collective, proactive et courageuse. J’en appelle aux magistrats, aux greffiers, aux avocats, aux huissiers de justice, aux notaires, aux commissaires-priseurs, aux officiers de police judiciaire, au personnel administratif et à tous les corps du ministère de la Justice, ainsi qu’aux partenaires institutionnels, pour bâtir ensemble une justice intègre, performante et respectée. La justice n’appartient pas à un homme ; elle appartient à la République. Elle appartient au peuple. En ce jour solennel, je prends l’engagement irrévocable de servir la justice guinéenne avec humilité, fermeté, loyauté institutionnelle et fidélité absolue aux valeurs républicaines. »

Tout en reconnaissant les « profondes failles structurelles » du système judiciaire, notamment le surpeuplement carcéral, la lenteur des procédures et le manque de cohésion, le ministre Tounkara a dévoilé les cinq piliers d’action qui guideront son mandat à la tête du département :

  • Une politique pénale responsable et humaine : respect des délais légaux et promotion des alternatives à l’incarcération.
  • La dignité carcérale : lutte contre le surpeuplement et modernisation de la gestion pénitentiaire.
  • La formation comme levier : renforcement de l’éthique, de la déontologie et des droits de l’homme.
  • Les droits de l’homme comme boussole : protection des libertés fondamentales et accès équitable à la justice.
  • Une justice de garantie : respect de la présomption d’innocence, droit à un procès public dans un délai raisonnable et accès garanti à un avocat.