Promotion féminine : Après 21 ans, le CONAFEG voit le jour
Après 21 ans d’attente, la République de Guinée dispose désormais d’un Bureau du Conseil National des Femmes et des Filles (CONAFEG). Composé de 17 membres, il a été officiellement présenté ce lundi 23 juin lors d’une cérémonie organisée au Palais du Peuple, en présence des autorités gouvernementales, des partenaires internationaux, des leaders d’opinion et des organisations de la société civile.
Ce Conseil a pour vocation d’offrir aux femmes de Guinée un espace d’expression, de consultation, de concertation, d’échange et de synergie d’actions, afin de favoriser une meilleure participation des femmes et des filles au processus de développement ainsi qu’aux instances de prise de décision.
Élues par leurs pairs venues des quatre coins du pays, ces femmes incarnent désormais la voix unifiée, la force collective et la diversité de toutes les Guinéennes.
Nouvellement élue, Madame M’Ballou Kaba a rappelé la vision du bureau :
» Notre vision est claire : faire de la femme guinéenne un pilier incontournable du développement, de la paix, de la dignité et de la cohésion sociale. Nous avons devant nous un vaste chantier : l’autonomisation économique des femmes, l’accès équitable à l’éducation, à la santé et à la justice, la lutte contre les violences basées sur le genre, la promotion de la participation politique et citoyenne des femmes, et surtout la construction d’une paix durable à travers tout le pays. «

Et pour réussir cette mission, dit-elle :
« Nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de l’appui technique, financier et institutionnel de l’État guinéen, de nos partenaires au développement et de toutes les bonnes volontés. »
Elle a conclu en réitérant leur engagement :
« Nous nous engageons à servir avec loyauté, détermination et humilité, et appelons à un partenariat renforcé, inclusif et solidaire, pour que vive le Conseil National des Femmes et des Filles de Guinée, et que triomphe la cause de la femme guinéenne. »
Ce projet a bénéficié de l’appui technique des ministères de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, de la Justice et des Droits de l’Homme, du Conseil National de la Transition, ainsi que de plusieurs organisations de la société civile. Des partenaires techniques et financiers tels que l’UNFPA, l’UNICEF, le PNUD et CARE International ont également contribué, avec un appui financier du Fonds de Consolidation de la Paix (PBF).
Au nom du système des Nations Unies, un représentant a partagé quelques réflexions :
« On estime qu’aujourd’hui, le lancement de ce Conseil National ouvre davantage un espace pour celles qui représentent la majorité de la population guinéenne, tout en n’étant pas encore représentées à leur juste valeur dans les instances de décision. Nous espérons que, grâce à ce Conseil, les décideurs du pays, ainsi que les représentants de la société civile, du secteur privé et des autres instances productives, pourront contribuer à relever les défis auxquels les femmes et les filles font toujours face en Guinée. »
Dans son discours, la ministre a souligné le rôle central de ce bureau, fruit de plusieurs décennies de lutte en faveur des droits des femmes, ainsi que l’importance politique et sociale du CONAFEG :
« Au-delà de sa vocation administrative, le Conseil National des Femmes de Guinée est une véritable plateforme de transformation, une institution d’espoir, un pont entre les politiques publiques et les réalités du terrain. Nous devons sa concrétisation à la volonté d’inclusion de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Le décret présidentiel créant le Conseil a posé le cadre juridique de cette ambition. »

Charlotte Daffé a conclu son intervention par un message fort à l’attention des membres du bureau :
« Chers membres du bureau, votre responsabilité est immense. Vous êtes les visages, les voix, les espoirs de milliers de femmes guinéennes. En acceptant ce mandat, vous vous engagez à porter leurs combats, à relayer leurs aspirations, à bâtir des ponts entre territoires, générations et sphères d’action. Je vous exhorte à faire de ce Conseil un espace d’unité, de défense et d’innovation. Car les femmes de Guinée comptent sur vous. »
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, s’exprimant au nom du Premier ministre Amadou Oury Bah, a précisé que la mise en place du bureau n’est pas une fin en soi :
« Des défis interpellent les braves dames qui ont le privilège d’y siéger. »
Convaincu que le respect des droits humains est un pilier essentiel de la croissance et de la quiétude sociale, Taya Kairaba Kaba a insisté sur trois principales attentes du gouvernement :
Plaidoyer pour les droits des femmes :Le Conseil devra œuvrer activement à la sensibilisation et à la mise en œuvre de politiques publiques favorisant l’égalité des chances.

Renforcement du leadership féminin :Le Conseil devra s’assurer du soutien aux femmes leaders dans les domaines politique, économique et social.
Lutte contre les violences basées sur le genre :Un engagement fort est attendu dans ce domaine prioritaire. »
Mohamed YBNO
