Réhabilitation du Musée national de Guinée : l’État guinéen et l’AFD signent une convention de financement  de 16 millions d’euros

Le gouvernement guinéen, représenté par la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a procédé ce lundi 30 mars 2026, avec l’Agence française de développement ( AFD) , à la signature d’une convention de financement pour la réhabilitation et l’extension du Musée national de Guinée, sis à Sandervalia, dans la commune de Kaloum. La cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte dudit musée en présence du ministre Moussa Moise Sylla, la vice-présidente du CNT et la délégation de l’AFD.

En effet, selon le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, cette convention de financement engage la République de Guinée et l’Agence française de développement autour d’un prêt souverain bonifié de 16 millions d’euros, pour une durée d’amortissement de vingt ans, dont sept années de période de grâce.

« Ce sont des conditions exceptionnellement favorables qui témoignent de la confiance de notre partenaire en la vision que nous portons. », a-t-il déclaré 

Aux dires de Moussa Moïse Sylla, ce projet ambitieux, structuré autour de quatre composantes complémentaires, ambitionne de faire du Musée national de Guinée un musée africain du XXIe siècle.

  • La première composante porte sur la réhabilitation, l’extension et l’équipement du musée, selon des standards environnementaux et bioclimatiques ambitieux, adaptés à notre climat et respectueux de notre environnement, sur un site sécurisé d’environ 8 000 mètres carrés au cœur de Sandervalia ;
  • La deuxième composante concerne l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet culturel et scientifique de grande ambition : un parcours muséographique repensé, une programmation culturelle vivante et représentative de la diversité guinéenne, des expositions temporaires et des prêts de collections ;
  • La troisième composante vise à doter le musée d’une gouvernance efficace et pérenne, avec une cellule de suivi de projet rattachée au Secrétariat général du ministère, soutenue par l’expertise de la société Expertise France ;
  • La quatrième composante, enfin, s’attelle à réduire les inégalités femmes-hommes en matière d’accès à la culture et à promouvoir la place des femmes dans la création et la vie culturelle guinéenne.

De son côté, Rémy Rioux, directeur général de l’AFD, s’est réjoui de la signature de cette convention entre son institution et l’État guinéen :

« Je suis particulièrement heureux aujourd’hui, parce que je termine mon mandat en signant un projet dans le domaine de la culture. C’est quelque chose que nous avons porté pendant de nombreuses années. Je rappelle que le développement et la culture ne sont pas opposés. Nous sommes très fiers, au nom de la France et de l’AFD, de ce projet. Nous sommes également fiers que le gouvernement guinéen accepte de s’endetter pour le financer. Je pense que l’investissement dans la culture va créer suffisamment de richesse et de bien-être… Cette signature est le signe de l’engagement des autorités à mettre au même rang les infrastructures matérielles, les infrastructures de base et les infrastructures culturelles. »

Pour la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, ce projet contribuera directement à favoriser la création d’emplois, le développement d’un tissu culturel dynamique, ainsi que l’attractivité touristique et scientifique de la Guinée.

« La convention que nous signons aujourd’hui traduit une logique de responsabilité partagée : l’AFD apporte un important concours financier, à hauteur de seize millions d’euros, destiné strictement au financement des dépenses éligibles du projet, tandis que l’État guinéen s’engage à assurer la contrepartie, notamment la prise en charge des taxes via les instruments nationaux prévus. En outre, la garantie du maintien des ressources humaines et financières nécessaires au fonctionnement futur du musée, ainsi que la transformation du Musée national de Guinée (MNG) en établissement public administratif, sont des conditions essentielles à la pérennité du projet. Ces engagements sont cruciaux et nous les assumons pleinement. »

Toujours selon la ministre Mariame Ciré Sylla, la réussite de ce projet exige une gouvernance irréprochable.

« Nous réaffirmons notre détermination à appliquer rigoureusement les procédures de passation des marchés, à garantir la transparence dans l’utilisation des fonds et à permettre des audits réguliers et indépendants. Ces garanties visent à protéger l’intérêt public et à assurer à nos partenaires que chaque euro investi bénéficiera à nos compatriotes à travers des résultats tangibles. »

La cérémonie a également été marquée par la visite du chantier des collections du musée virtuel et du Musée national.

 Mohamed Fodé Ybno