1er MAI JOURNEE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS

La journée internationale des travailleurs telle qu’elle est célébrée de nos jours tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures à la fin du XIX siècle. Depuis cette journée est devenue historique car, le 1er mai de chaque année les travailleurs sous l’égide de leur syndicat, se réunissent pour définir des objectifs visant l’amélioration de leur condition de vie et de travail. En Guinée cette tradition a été toujours respectée, cette date est l’occasion solennelle pour les travailleurs d’adresser au gouvernement un mémorandum pour la prise en compte de leur revendication pour une meilleure collaboration.

Il n’est pas besoin de remonter très loin dans le passé ni de regarder très loin de nous aujourd’hui pour constater que, pour beaucoup, le travail, c’est aussi une source de difficultés, voire de souffrances physiques ou morales. Et en même temps, nous savons tous que pour beaucoup de nos concitoyens, la première angoisse, la première source de difficultés et la première souffrance, c’est bien l’absence de travail, soit la peur de le perdre. Individuellement comme collectivement, pour notre société, le chômage reste notre problème principal, un problème qui est à la source de bien d’autres problèmes.

C’est dire qu’il nous faut toujours considérer comme prioritaire la bataille pour l’emploi mais aussi un emploi durable qui permette à chacune et à chacun de vivre et d’avoir des projets. Des milliers de jeunes sans emploi foisonnent à travers le pays dans le désarroi, dans la déception et le désespoir. Doivent-ils continuer à être à la charge de leurs parents ? Voilà une situation qui interpelle le gouvernement, la société civile, les politiques et les opérateurs économiques. Aujourd’hui, on trouve cet appel comme une ritournelle de chaque 1er mai, à l’heure du désespoir pour tant de concitoyens et d’angoisse pour l’avenir de tant d’autres qu’ils soient jeunes à la recherche du premier emploi, ou des retraités qui sont éloignés, peut-on rester muet en ce jour du 1er mai ? Non!

L’union historique des treize confédérations syndicales du pays, leur volonté commune à se battre pour donner au travailleur guinéen plus de considération, de respect et de valeur. La plateforme revendicative adressée aux autorités prend en compte la revalorisation salariale pour tous les travailleurs, le relèvement de la pension de retraite pour éviter aux retraités de vivre dans l’indigence. Pour beaucoup de dirigeants, l’emploi salarié est considéré comme une charge alors que c’est le travail salarié qui crée la richesse dont ces mêmes dirigeants sont bénéficiaires. Accepter de telles idées concernant le travail et les salariés que l’on ne cesse d’entendre dans les milieux économiques et certaines sphères politiques, serait accepter une société sans espoir pour les moins jeunes et sans avenir pour les plus jeunes avec, d’un côté, des très riches et des très puissants toujours plus riches et toujours plus puissants et, de l’autre, une misère quotidienne frappant des millions de nos concitoyens de tous âges.

Le 1er mai, c’est enfin pour nous, l’occasion de repenser durant quelques instants à cette longue marche des travailleurs pour conquérir leurs droits. C’est pourquoi cette commémoration historique doit permettre de mesurer combien d’obstacles il a fallu surmonter, combien de luttes il a fallu mener pour sortir le monde ouvrier du ‘’non droit’’ pour acquérir la dignité de ses droits. Dans la fraternité et la solidarité retrouvée, le syndicat guinéen ne manquera pas à cette tradition commémorative pour exprimer aux autorités l’ensemble de ses revendications avec l’espoir et la détermination de toujours se battre jusqu’à l’atteinte des objectifs.

Bonne fête aux travailleurs, ouvriers, enseignants, techniciens, ingénieurs, médecins et contractuels de Guinée.

Par Famany Condé