1ER NOVEMBRE 1958 – 1ER NOVEMBRE 2026 : IL Y A DEJA 68 ANS.
Née dans les cendres du sabotage colonial et forgée par la volonté inflexible de tout un peuple, l’armée guinéenne célèbre ses 68 ans. De ses premiers pas héroïques sous la houlette de ses pères fondateurs à son implication dans les grandes heures de l’histoire nationale et panafricaine, retour sur le parcours d’un rempart indéfectible de la souveraineté guinéenne.
Le choix souverain du 28 septembre 1958 a été le vecteur décisif de l’indépendance à laquelle le courageux peuple de Guinée a accédé le 2 octobre 1958. Cet enchevêtrement d’actes historiques et déterminants a insufflé une dynamique nouvelle : celle de la mise en place d’une armée nationale pour la sauvegarde de la souveraineté, de l’indépendance et de l’honneur de la patrie.
C’est dans cette optique que le jeune président Sékou Touré a nommé un Secrétaire d’État à la défense nationale, rattaché directement à la Présidence de la République, au lendemain même du 2 octobre 1958. La mission confiée à Noumandian Keita était immense : créer et bâtir de toutes pièces une véritable force de défense nationale.
Cette armée est née dans la réponse au mépris et à la haine des autorités coloniales françaises, qui avaient délibérément tout détruit avant leur départ, depuis les garnisons militaires et les stocks d’armes jusqu’aux archives et documents administratifs les plus essentiels. Face à cette tentative de sabotage, la vaillante armée guinéenne a vu le jour. À sa création, elle ne comptait que 737 hommes, dont :• 50 sous-officiers ;• 687 hommes de rang (comprenant 75 caporaux-chefs, 135 caporaux et 477 soldats), tous présents sur le territoire national au moment de l’indépendance.
C’est au camp Général Galliéni, actuel camp Kémé Bouréma, que ces pionniers de la liberté ont posé les premières pierres de notre édifice sécuritaire. Dans le dénuement le plus total, mais armés d’un patriotisme inébranlable, ces hommes ont forgé l’outil de notre fierté nationale.
Au-delà de sa mission de défense du territoire, cette armée s’est rapidement illustrée par son engagement panafricain indéfectible, jouant un rôle de premier plan et payant un lourd tribut dans les luttes de libération nationale à travers le continent, portant haut le flambeau de la liberté pour les peuples frères opprimés.
Au fil de son histoire mouvementée, l’institution militaire a également su traverser les époques et assumer de lourdes responsabilités politiques à des moments charnières de la vie de la nation. Qu’il s’agisse des périodes marquées par le Comité Militaire de Redressement National (CMRN), le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), ou plus récemment le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), l’armée guinéenne a toujours été au cœur des soubresauts et des aspirations profondes du peuple.
Soixante-huit ans plus tard, en ce 1er novembre 2026, l’heure est au devoir de mémoire et à la reconnaissance éternelle. De ces premiers pas dans la poussière de 1958 aux défis de la refondation d’aujourd’hui, l’armée guinéenne demeure ce phare inaltérable. Elle rappelle à chaque génération que la liberté a un prix, que la patrie se mérite, et que tant qu’il y aura des hommes de pognon et d’honneur pour la servir, la Guinée marchera la tête haute vers son destin.
Par Famany Condé
