2 OCTOBRE 2026 : Honneur aux bâtisseurs de la liberté et devoir de sérénité nationale

À l’aube du 2 octobre, le peuple de Guinée s’apprête à célébrer le 68ᵉ anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Ce jour glorieux n’est pas une simple date sur un calendrier : il est le sanctuaire de notre mémoire collective, le symbole vibrant du courage, de l’abnégation et de la détermination farouche de nos illustres devanciers. Ceux qui, face à l’intimidation, ont eu la grandeur d’âme et l’audace héroïque de braver les baïonnettes coloniales pour nous offrir le plus précieux des héritages : la liberté. À ces géants de notre histoire, la patrie doit une admiration éternelle et un respect sans faille. Pourtant, plus de six décennies après cet exploit fondateur, le constat est amer : des voix discordantes et des esprits chagrins s’acharnent encore à ternir l’image du père de notre indépendance. Nulle part ailleurs au monde on ne constate un tel mépris ou une telle ingratitude envers l’homme qui a brisé les chaînes de la domination pour rendre à son peuple sa dignité. Il est temps de rappeler que le pardon, la décence et la vision de l’avenir doivent l’emporter sur le poison du ressentiment.

L’histoire est un socle sur lequel on s’appuie pour bâtir, non une fosse commune où l’on s’interdit de vivre. Que chaque individu nourrisse ses sentiments personnels face aux vicissitudes du passé est une réalité humaine ; mais ériger la rancœur individuelle en dogme collectif est une faute contre la nation. Aucun pays ne s’est construit dans le procès permanent de ses morts. Critiquer avec haine ceux qui ne sont plus de ce monde, et qui ne peuvent plus répondre devant le tribunal des hommes, n’apporte ni justice ni progrès.

La sagesse africaine nous enseigne, par une métaphore saisissante, la politique de la grenouille : savoir sauter par-dessus un problème, s’asseoir dessus et tourner le regard vers les défis de demain. Celui qui passe toute son existence à triturer les plaies de son passé finit par s’empoisonner l’esprit. L’obsession de la rétrospection haineuse rend l’homme méprisant, le prive de la joie de vivre et l’aveugle face aux urgences du présent.

Aujourd’hui, l’heure n’est plus au règlement de comptes mémoriel, mais à la réjouissance et à la préservation sacrée de cette souveraineté si chèrement acquise. La nation guinéenne est une mosaïque indivisible. Nous sommes tous les enfants d’une même terre, et pour rien au monde nous ne devons laisser les divisions du passé compromettre la fraternité de notre présent.

En ce 2 octobre commémoratif, élevons nos pensées vers la mémoire immortelle des pionniers de notre liberté et rendons un hommage vibrant à l’homme du 28 septembre 1958 et à tous ses compagnons de lutte. Que cette fête nationale soit un moment de grâce, de rassemblement et de fierté ret2rouvée. Tournons nos regards vers l’avenir avec espoir, car la grandeur d’un peuple se mesure à sa capacité à pardonner, à s’unir et à bâtir ensemble.

Bonne fête de l’indépendance à toutes les Guinéennes et à tous les Guinéens ! Que le Seigneur des mondes déverse Sa grâce sur notre patrie et apporte la paix, la concorde et l’apaisement des cœurs au peuple béni de Guinée.

Famany Condé