Marché Enco 5 : des femmes interpellent le chef de l’État sur leurs conditions de travail
Des vendeuses, soutenues par des jeunes et sous une fine pluie, ont manifesté dans la matinée de ce mardi 18 août au marché Enco 5, dans la commune de Matoto. En colère, elles dénoncent notamment le coût élevé des places, le manque d’espace et les difficiles conditions dans lesquelles elles exercent leurs activités.
Les femmes vendeuses du marché Enco 5 ont battu le pavé ce mardi pour dénoncer leurs conditions de travail. Elles ont notamment bloqué la route afin d’interpeller les autorités et de leur demander de trouver rapidement un espace dédié à leurs activités commerciales.

Interrogée sur les raisons de cette mobilisation, Alamako Kourouma, vendeuse au marché Enco 5, explique :
« Nous nous sommes pliées à la décision du président Mamadi Doumbouya lorsqu’il a exprimé sa volonté de dégager les encombrants physiques le long des voies publiques. C’est ainsi que nous avons décidé de libérer la route pour nous installer dans la cour que Balla Samoura nous avait indiquée à l’époque. Nous n’avons pas été les seules à suivre ces instructions : ce fut aussi le cas à Enta, Sonfonia, Bambeto et ailleurs. Cependant, tous les vendeurs déplacés sur ces autres sites ont été recasés par la suite.
Ici, à la Cité, Balla Samoura est venu nous voir pour nous demander d’accepter de nous installer temporairement dans la cour où nous sommes actuellement. Ce que nous avons accepté. Il nous a également montré l’espace situé en face, qui doit nous accueillir une fois la construction des magasins terminée », a-t-elle expliqué.
De son côté, Aye Diawara renchérit : « Auparavant, nous étions installées au bord de la route. Par la suite, on nous a demandé de libérer la voirie. C’est ainsi que Balla Samoura a eu pitié de nous et nous a demandé de venir nous installer dans cette cour qui appartient à un particulier », a-t-elle relaté.

Selon elle, les conditions dans ce nouvel emplacement restent particulièrement difficiles, notamment en raison du coût élevé des installations et des services.
« Franchement, on souffre ici. Les boutiques sont chères. Même pour se rendre aux toilettes, il faut payer 5 000 FG. C’est trop pour nous. Nous sommes fatiguées de tout cela », a-t-elle dénoncé.

Face à cette situation, la vendeuse lance un appel aux autorités, notamment au chef de l’État.
« Le gouvernement doit nous aider, à cause de Dieu, car nous avons trop de charges. Nos maris ne travaillent pas. Mamadi Doumbouya doit avoir pitié de nous. Nous sommes ses sœurs », a-t-elle plaidé.
Les manifestantes affirment également que le terrain où elles exercent leurs activités appartient à un particulier, qui leur rappelle régulièrement qu’elles se trouvent sur sa propriété.
« La place qu’on nous a donnée appartient à un certain Kaba, qui nous rappelle chaque jour que nous sommes sur sa propriété et que le gouvernement ne peut rien contre lui », a expliqué Aye Diawara.
Malgré ces difficultés, les vendeuses disent avoir accepté de rester sur le site afin de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles.
« Le prix qu’on paie ici est extrêmement cher, mais nous n’avons pas le choix. Nous sommes toujours là. Quelque temps après, comme l’argent que nous payons ne lui convenait pas, il a donné notre place aux femmes de Madina, qui paient entre 100 et 200 millions. Nous, nous n’avons pas cet argent, nous sommes pauvres », a-t-elle poursuivi.
Interrogé sur la situation, Mohamed Tahir Souaré, 2ᵉ vice-président de la délégation spéciale de Matoto, a évoqué une solution en cours de finalisation.
« Monsieur le Maire avait écrit à la plus haute autorité pour demander à l’investisseur de subdiviser les grands magasins, dont les prix étaient élevés, en de plus petites unités afin d’offrir à nos sœurs des boutiques à moindre coût. L’État s’active dans ce sens. Nous sommes en train de diviser ces grands locaux pour permettre aux femmes d’accéder à des espaces abordables.
Le message est très simple : qu’elles soient rassurées, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, ne les abandonnera jamais », a affirmé M. Souaré.
Les vendeuses demandent désormais l’intervention des autorités afin de trouver une solution durable à leur situation et de leur permettre de poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions.
Mohamed Ybno
