Procès de Bella Bah : un an de prison requis, verdict attendu le 19 août

Le procès de l’activiste Bella Bah, poursuivi pour des faits présumés d’« injures et diffamation par le biais d’un système informatique », a été renvoyé au 19 août 2026 par le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn. Le parquet a requis un an d’emprisonnement ferme contre le prévenu.

Interrogé par le procureur sur l’identité de la personne visée par les publications, le prévenu a nié avoir explicitement mentionné le Premier Imam Elhadj Mamadou Saliou Camara. Il a expliqué qu’il s’adressait plutôt aux religieux de manière générale. « non Monsieur le procureur. Il n y a pas une publication. Où il est écrit Elhaj Mamadou Saliou Camara. Surtout sur la publication qu’on me reproche. Je me suis adressé aux religieux en général.»

Bella Bah a également contesté avoir eu l’intention d’insulter l’imam, tout en reconnaissant qu’il entendait le critiquer. « il n’y a pas de place aux injures sur mon compte. Je n’ai jamais eu une intention d’injurié. Le critiquer oui. Mais pas l’injure, non».

Invité à revenir sur le contenu précis de la publication incriminée, il a reconnu avoir employé plusieurs qualificatifs : « je ne retiens pas la totalité. J’ai écrit un malhonnête, un manipulateur. En tant que intellectuelle, je n’ai pas vu sous un angle comme si c’etait de l’injure »

À la barre, Bella Bah a expliqué qu’il n’avait pas immédiatement mesuré la portée de ses propos. Il a notamment évoqué son intérêt pour les débats politiques et l’actualité internationale, en particulier aux États-Unis : « moi je suis un grand fan du débat et de l’actualité américaine. En tant que intellectuelle, je n’ai pas vu sous un angle comme si c’etait de l’injure. En France, aux États-Unis, la liberté d’expression permet des débats houleux. On est influencé par ceux que nous suivons. Ça depend de comment l’Etat met . Les débats peuvent êtres houleux. Très rarement, les citoyens sont interpellés pour cela. Même au Sénégal auprès de nous ici.» 

Le procureur est ensuite revenu sur certains termes utilisés dans la publication, notamment « malhonnête ». Bella Bah a expliqué le sens qu’il donnait à cette expression : « quelqu’un qui n’est pas honnête, il est malhonnête.»

Il a toutefois reconnu que le terme pouvait être perçu négativement : « peut être péjoratif.»

Selon lui, ce type de mots peut également être utilisé dans les échanges ordinaires : « c’est des mots qu’on emploi entre nous dès fois, même en se chamaillant.»

A l’issue des débats, le ministère public a requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme contre Bella Bah. À la barre, l’activiste a contesté avoir cité nommément l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara, soutenant que ses propos s’adressaient aux religieux de manière générale.

De son côté, l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara avait déclaré aux enquêteurs ne pas porter plainte contre Bella Bah et appelé les autorités guinéennes à lui pardonner.

A la sortie de l’audience, Me Alseny Aissata Diallo, avocat de Bella Bah, s’est montré confiant quant à l’issue de la procédure.

« Nous sommes confiants, rassurants que le tribunal sera humain et le tribunal va lui accorder des programmes de sécurité et nous espérons qu’à l’audience prochaine, nous allons obtenir des réparations de nos clients », a-t-il déclaré.

L’affaire a finalement été renvoyée au 19 août 2026 pour le délibéré.