Droits d’auteur : le BGDA lance la première édition du Concours national de plaidoirie en droit d’auteur

Le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) a officiellement lancé, ce lundi 2 novembre 2026, la première édition du Concours national de plaidoirie en droit d’auteur, placée sous le thème « Plaider pour le créateur ». La cérémonie s’est déroulée dans la salle de conférence de la plage Camayenne, en présence du secrétaire général du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.

Cette première édition réunira 24 jeunes juristes, qui bénéficieront d’un séminaire national de formation. Le concours prévoit également une enveloppe globale de 50 millions de francs guinéens destinée aux lauréats, ainsi que six stages professionnels de trois mois offerts aux finalistes.

Huit entités partenaires, issues des milieux universitaires et professionnels, accompagnent cette initiative.

La compétition se déroulera en quatre grandes étapes :

  • Du 9 au 13 novembre 2026 : publication du cas pratique et lancement de la phase de préparation.
  • Du 7 au 10 décembre 2026 : organisation du séminaire national de formation à Conakry.
  • Le 17 décembre 2026 : phase de poules publique dans quatre universités de Conakry. Huit équipes prendront part à cette étape, à l’issue de laquelle quatre seront qualifiées pour les demi-finales.
  • Le 18 décembre 2026 : organisation des demi-finales et de la grande finale publique, avec retransmission et remise des prix.

À travers cette initiative, le BGDA entend renforcer la connaissance et l’application du droit d’auteur en Guinée, notamment auprès des étudiants en droit, des magistrats et des professionnels du secteur judiciaire. L’objectif est également de sensibiliser davantage aux atteintes aux droits des créateurs et de promouvoir une meilleure protection des œuvres artistiques et intellectuelles.

Moussa Fofana évoque les montants recouvrés par le BGDA

Prenant la parole, le directeur général du BGDA, Moussa Fofana, a commencé son intervention en évoquant les montants recouvrés par son institution au cours des dernières années.

« En 2023 : 3 milliards de droits recouvrés par le Bureau guinéen du droit d’auteur. En 2024 : 4 milliards 250 millions. En 2025 : 13 milliards de droits recouvrés », a-t-il déclaré.

Dans la suite de son intervention, il n’a pas manqué de dénoncer le déséquilibre entre les revenus générés par les créateurs et les gains que peuvent tirer les acteurs de la piraterie. Selon lui, certains réseaux de reproduction et de commercialisation illicites d’œuvres peuvent générer des revenus considérables, alors que les artistes peinent à bénéficier des fruits de leur travail.

« Toutes les années confondues, ni le Bureau guinéen du droit d’auteur ni les créateurs n’arrivent à recouvrer 50 milliards de francs guinéens. Un pirate peut se faire, au bout d’une année, des revenus qui dépassent la subvention d’un ministère.

Derrière cette logique, il y a des artistes qui meurent dans la misère. Derrière cette méconnaissance, il y a le bureau qui souffre de protéger des œuvres, de promouvoir un droit qui n’est ni enseigné ni pratiqué : le droit d’auteur », a-t-il déploré.

Moussa Fofana estime que cette initiative constitue une étape importante dans la réalisation des ambitions de son institution. Il souhaite notamment faire de la Guinée une référence dans l’organisation de concours internationaux de plaidoirie en droit d’auteur.

« Nous estimons que cette année, les universités guinéennes vont s’affronter. L’année prochaine, d’autres pays vont nous rejoindre. En deux ou trois années successives de réalisation de telles activités en Guinée, nous pourrons être fiers de dire que la République de Guinée est le carrefour protecteur des droits d’auteur parce qu’en son sein se tiennent les concours internationaux de plaidoirie en droit d’auteur. C’est cette ambition que nous avons, et elle est également celle de monsieur le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat », a-t-il affirmé.

Les partenaires saluent une initiative de rapprochement entre théorie et pratique

Intervenant au nom des structures partenaires, le docteur Ansoumane Sacko, doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, a salué une initiative qui contribue au rapprochement entre la formation universitaire et la pratique professionnelle.

« Cette première édition constitue un commencement. Elle porte en elle les germes d’une ambition nationale : faire de la protection du droit d’auteur une préoccupation partagée et une réalité concrète. C’est peut-être le lieu de rappeler les propos d’un grand juriste romain, Gaïus : “En toute chose, le commencement est la partie la plus puissante” », a-t-il souligné.

Selon lui, un bon plaideur n’est pas nécessairement celui qui parle le plus longtemps, utilise les expressions les plus complexes ou impressionne davantage son auditoire.

« Un bon plaideur est d’abord celui qui comprend les faits, maîtrise le droit applicable, construit un raisonnement cohérent et parvient à convaincre par la pertinence de son argumentation.

L’éloquence sans la connaissance est une apparence. La connaissance sans la capacité de convaincre demeure parfois insuffisante. Vous devez donc rechercher l’équilibre entre la maîtrise du droit, la rigueur du raisonnement, la précision du langage et la force de la conviction.

Mais, au-delà de ces qualités techniques, n’oubliez jamais que le droit est avant tout une discipline au service de la justice », a-t-il conseillé aux candidats.

Youssouf Boundou Sylla plaide pour une sensibilisation élargie

Représentant le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, le secrétaire général du département, Dr Youssouf Boundou Sylla, a salué le travail accompli par le BGDA et encouragé le renforcement des actions de sensibilisation sur l’ensemble du territoire national.

« Le BGDA bouge parce qu’à sa tête, vous avez des hommes et des femmes qui sont convaincus qu’ils sont capables de relever le défi, dans le strict intérêt des auteurs et créateurs guinéens », a-t-il déclaré.

Il a notamment plaidé pour une implication accrue des services déconcentrés du ministère dans la vulgarisation et la protection des droits d’auteur à l’intérieur du pays.

« Je voudrais qu’ils ajoutent dans le lot des gens formés les structures déconcentrées du ministère, qui doivent jouer correctement leur rôle dans la dissémination des informations, dans la protection et dans le respect strict de ces droits d’auteur à l’intérieur du pays. C’est extrêmement important.

J’ai également noté, et je voudrais formuler cela comme une doléance : il est bien beau de regarder toutes ces initiatives sous l’angle scientifique, avec nos hommes de robe noire, les étudiants en formation et les praticiens qui ont moins de trois ans d’expérience. Mais je pense qu’élargir cette sensibilisation aux collèges et lycées apporterait beaucoup plus de valeur ajoutée », a-t-il conclu.

YB