Culture : la Guinée lance son Programme national de recensement, de documentation et de numérisation de son patrimoine

Le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, en partenariat avec le Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD), a procédé, ce mercredi 1er juillet 2026, au lancement officiel du Programme national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine culturel de la République de Guinée. Cette initiative vise à préserver et à valoriser ce riche héritage au bénéfice des générations présentes et futures. La cérémonie s’est déroulée au Centre culturel franco-guinéen, en présence de nombreux acteurs culturels.

En présentant ce projet, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat a rappelé aux acteurs culturels que cette initiative intervient dans un contexte particulièrement important pour le pays. Elle s’inscrit dans la vision de développement portée par le gouvernement à travers le programme Simandou 2040, notamment son deuxième pilier, qui place l’éducation et la culture au cœur de la transformation qualitative de la Guinée, en tant que leviers essentiels de la construction de l’identité nationale et d’un avenir commun.

« Par sa vision, le Président nous enseigne que la culture n’est pas un domaine secondaire du développement. Elle est, au contraire, une composante fondamentale de notre souveraineté et un outil d’éducation, de cohésion sociale, de transmission des valeurs et de construction d’un avenir commun », a souligné le ministre Moussa Moïse Sylla.

Des retombées importantes

Pour la Dr Safiatou Diallo, Présidente du conseil d’administration du CIRD, ce projet ambitieux aura d’importantes retombées.

« Un patrimoine partagé renforce la cohésion nationale. Ce sera donc la première retombée. Nous savons que partager le savoir contribue à l’équilibre social. Sur le plan économique, chaque franc investi dans ce programme générera de la croissance. En termes d’emplois, nous recruterons au moins 450 chercheurs, près de 150 documentalistes, environ 80 conservateurs de musées, près de 120 techniciens de numérisation, une centaine de développeurs informatiques ainsi que plus de 400 médiateurs culturels. C’est pour vous dire, Monsieur le ministre, que ce programme est innovant et que vous avez eu raison de nous faire confiance », a-t-elle déclaré.

En procédant au lancement officiel, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat a rappelé aux Guinéens l’importance de cette démarche.

« Nous ne documentons pas ces archives pour nous-mêmes. Nous le faisons pour nos enfants qui ne sont pas encore nés. Donner à la jeunesse la connaissance de son histoire, c’est lui offrir des racines suffisamment solides pour porter de grandes ambitions. Un jeune qui sait d’où il vient avance dans le monde d’aujourd’hui avec une assurance que rien ne pourra lui retirer. Voilà le plus bel héritage que nous puissions léguer : non seulement des monuments et des archives, mais aussi une conscience claire de ce que nous sommes », a-t-il précisé.

« Nous ne confions pas notre mémoire à la machine pour remplacer nos anciens »

Pour Moussa Moïse Sylla, un patrimoine que l’on ne documente pas est un patrimoine que l’on prépare, sans le vouloir, à disparaître.

« Chaque fois qu’un témoignage s’éteint sans avoir été recueilli, c’est une part importante de la Guinée qui disparaît et que rien ne pourra jamais reconstituer. Puisqu’on parle d’innovation, de numérique et d’intelligence artificielle, ne nous trompons pas : nous ne confions pas notre mémoire à la machine pour remplacer nos anciens, mais pour que leurs paroles ne meurent jamais. Pendant des siècles, le griot a été notre bibliothèque vivante. Aujourd’hui, la technologie devient son alliée et non son remplaçant. Numériser nos archives, enregistrer nos récits et cartographier nos sites, ce n’est pas trahir la tradition, c’est lui offrir une seconde vie à l’abri du temps et de l’oubli. Il faut continuer à le marteler : la culture n’est pas une dépense pour la nation, elle en est le fondement », a-t-il affirmé.

La cérémonie a également été marquée par des prestations de troupes artistiques venues des quatre coins de la Guinée.

YB