Discours de haine en ligne : Moussa Oularé condamné à 1 an de prison ferme
Le Tribunal de Première Instance (TPI) de Dixinn a condamné ce lundi 27 avril 2026, Moussa Oularé à un an de prison ferme et à 10 millions GNF d’amende pour des propos jugés offensants contre une communauté. Une décision qui intervient dans un contexte de fermeté accrue de la justice guinéenne, quelques jours après un autre verdict similaire rendu par le tribunal de Mafanco dans les affaires Maya Kaba et Yama Séga.
Le Tribunal de Première Instance (TPI) de Dixinn a rendu son verdict dans une affaire de propos jugés injurieux et offensants visant une communauté. Moussa Oularé a été condamné à une peine d’un an d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 10 000 000 de francs guinéens.
À la barre, Moussa Oularé a reconnu les faits et a présenté ses excuses. Il a expliqué les circonstances dans lesquelles il a tenu ces propos :
“Je voulais simplement guider un étranger qui ne connaît pas la Guinée. J’ai grandi en forêt, plus précisément à N’Zérékoré, donc je ne peux en aucun cas dénigrer mes parents forestiers”, a-t-il expliqué avant préciser qu’il a tenu ces propos sous l’effet de la colère, “sinon, en temps normal, je ne peux pas le faire, (…). Je lui ai fait du bien, il m’a récompensé par le mal. Sinon, la vidéo n’était pas en live, il a coupé certaines parties pour publier ce qu’il voulait. Je demande pardon à la communauté forestière”.
Malgré des excuses publiques présentées par lui-même et sa famille avant l’ouverture du procès, la juridiction a privilégié la fermeté, inscrivant sa décision dans une dynamique de lutte contre les discours de haine et de préservation de la cohésion sociale.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République près le tribunal de Dixinn, Aboubacar Sidiki Camara, s’est montré sévère : “Nous, monsieur le président, avons la conviction qu’il a tenu ces propos en pleine connaissance de cause pour blesser, (…). Ce n’est pas seulement pour une indication. Tout un peuple se trouve indigné à travers les propos de monsieur Oularé, (…). Le ministère public requiert 5 ans d’emprisonnement et le paiement d’une amende de 10 millions de francs guinéens”, a-t-il requis.
De son côté, l’avocat de la défense a plaidé des circonstances atténuantes : “Alors, si l’on doit condamner quelqu’un qui tient des propos de manière sereine et une autre personne qui s’exprime sous l’effet de la colère… celui qui a parlé sous la colère n’est pas forcément quelqu’un qui veut diviser les ethnies. Franchement, je crois que son pardon est recevable”, a déclaré Me Kemoko Malick Diakité dans ses plaidoiries.
Cette condamnation intervient également dans le prolongement d’une autre décision judiciaire rendue récemment par le tribunal de Mafanco dans le dossier impliquant Maya Kaba et Yama Séga. Ces derniers ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis et au paiement d’une amende de 40 millions de francs guinéens pour injures publiques en ligne.
