IL FAUT TOUJOURS CHOISIR CELUI QUI PEUT ET NON CELUI QUI VEUT…

Depuis belle lurette, le football guinéen traverse une période très néfaste à cause d’une gestion calamiteuse de ses dirigeants. Cette situation est nul sans doute la raison de cette descente aux enfers de la sélection nationale et son incapacité à retrouver l’élite. Des facteurs désolants dans la conduite de la fédération guinéenne de football, qui n’arrive pas à se fixer un objectif, et proposer un véritable programme pour le développement du football national. C’est justement cet état de fait qui a occasionné la mise en place d’un Comité de Normalisation (CONOR) malheureusement qui aussi s’est essoufflé dans l’incapacité de mettre au point les mesures de sa mission.

La caractéristique fondamentale des acteurs de gestion du sport se base essentiellement sur les guerres d’égo, de mesquinerie, de haine et du mépris entre eux. Toutes ces années passées ont été basées sur le combat de position et non pour le développement du football national. Comment expliquer son incapacité à mettre en œuvre des actes indispensables au développement du football national. Jamais le CONOR et l’actuelle équipe n’ont objecté la moindre demande pour la restauration de nos deux stades, leur préférence a toujours été la délocalisation des matches à domicile pour mieux profiter des ressources financières libérées à cet effet. Aucun de ces responsables sportifs élus n’a eu la présence d’esprit de lutter pour la réconciliation des acteurs du football. Tous se sont livrés à renforcer leur position, défendre leur égo en diabolisant les autres.

Pour preuve Antonio Souaré a été la cible privilégiée de cette diabolisation. Des accusations qui frisent la haine et sans preuves ont été distillées dans la presse pour nuire à son image, malheureusement celui qui a ses bras tenus par Dieu ne peut tomber. Cette campagne de discrédit a cependant accentué son crédit auprès de la population qui trouve en lui un mécène extraordinaire. A cause de son humanisme et son sens aiguisé de responsabilité, Antonio Souaré a toujours su sécher les larmes des centaines de personnes, footballeurs et artistes auxquels il a fait parler son cœur. La fermeture de son entreprise a été saluée par ses détracteurs qui voyaient en cela sa chute sur tous les plans. Seulement il sera attristé par la mise au chômage des centaines de jeunes travailleurs de cette société, qui vont choir dans la dèche, la mouise et la débine.

Antonio Souaré s’est mis à la disposition de son pays, il n’a pas hésité à mettre son avoir au service de sa nation. Ce n’est pas à cause des esprits malintentionnés qu’il va devenir autre. Il restera et demeurera le même Antonio Souaré, la forteresse contre laquelle se brisent les vagues maléfiques. Avec son absence, on découvre maintenant l’immensité de son apport pour le rayonnement du football guinéen qui a perdu de sa verve. Ce que le sport guinéen subit aujourd’hui est la conséquence du mauvais choix, ôter le travail à celui qui peut pour l’offrir à celui-là qui veut. L’amateurisme, l’inexpérience, l’irresponsabilité et le manque de représentativité caractérisent aujourd’hui les instances dirigeantes du football guinéen. On est même étonné de voir les supporteurs de la nouvelle présidence se rebiffer contre elle à cause de sa mauvaise gestion.

Il y a des fautes à ne pas commettre au risque d’être préjudiciables au développement harmonieux de la nation. Ce ne sont pas les cadres qui manquent dans ce pays, des hommes valeureux intègres et patriotes. Mais avec la détermination des ennemis du football guinéens, intéressés seulement par le lucre, ils ont malgré la pugnacité du G47 réussi à travers les intimidations réduire au silence cette entité. Pourtant c’est cette entité qui faisait fonctionner le football guinéen à travers leurs activités responsables et les rapports cordiaux avec la FEGUIFOOT. Aujourd’hui cette symbiose a disparu, la nouvelle équipe évolue en cavalier solitaire, à vase clos. La gestion est devenue une propriété privée, le Président Bouba Sampil associe qui il veut et agit comme il veut.

C’est la collégialité dans la gestion qui apporte les bons résultats, tant que cela n’est pas respecté, on se retrouve en face des dérives comme l’éviction de Kaba Diawara et le choix fantaisiste d’un collège d’encadreurs. L’élimination des sélections guinéennes de toutes les catégories dans les compétitions continentales et l’arrêt inopiné du championnat national à cause de la gestion opaque des ressources mises à disposition. C’est une première en Guinée avec toutes les difficultés financières, le championnat national s’est toujours déroulé à la satisfaction des clubs et des footballeurs. Et voir qu’aujourd’hui ce championnat est à l’arrêt par faute de subvention est incompréhensible et catastrophique.

C’est pour cela qu’on dit toujours : « L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Dans un passé pas lointain, le championnat guinéen était devenu une référence sous-régionale, il attirait de nombreux joueurs étrangers qui venaient offrir au public sportif guinéen leur talent. Les clubs rivalisaient d’ardeur et le championnat était serré ce qui se remarquait à travers le classement. Quand on est président, on doit être à mesure de poser des actes pour empêcher certaines dérives. Au temps des Bruno, Seydouba Bangoura et Antonio Souaré, ils n’ont pas manqué de mettre la main à la poche pour apporter un soutien au football. Malheureusement celui qui n’a pas su gérer un des clubs mythiques de la capitale peut-il gérer une fédération ?

Au lieu d’approcher des hommes comme Mathurin Bangoura, Antonio Souaré pour les guider, la nouvelle équipe les considère plutôt comme ennemis. Pourtant leur expérience pouvait les orienter afin d’éviter cette dérive honteuse que connait le football guinéen. « Le blanc rognera toujours le noir » dit une sagesse, aujourd’hui le masque donné à Mamadou Antonio Souaré est tombé. Celui qui avait été affiché comme destructeur du football guinéen renait de ses cendres comme un sphynx. Le peuple de Guinée en général et le monde du football en particulier ont reconnu le mérite de cet homme à cause de son intégrité et de son patriotisme. Son amour pour le football l’a conduit à faire venir en Guinée de talentueux footballeurs africains, le Horoya a été pendant longtemps le référentiel du football guinéen grâce à son Président Antonio Souaré.

On se demande quelle mouche a piqué les responsables guinéens pour mettre hors de circuit un si talentueux agents du football. Aujourd’hui à cause de cela, les guinéens vont regarder la CAN marocaine sans leur Syli national, une compétition à laquelle le pays pouvait participer. Depuis cette élimination le Président de la FEGUIFOOT n’a fait aucune déclaration pour en donner les raisons. Et la seule compétition qui reste pour la Guinée est le CHAN et si malheureusement elle venait à être éliminée ce qui signifie année blanche pour le pays. « On ne change pas une équipe qui gagne mais, on élimine une équipe qui perd ». Le bilan de Sampil à la tête de la fédération est catastrophique, non seulement il doit rendre compte de sa gestion mais, il doit démissionner honorablement avant qu’il ne soit éjecter de son strapontin.

Demander et exiger le retour de Mamadou Antonio Souaré serait la solution la plus juste au marasme du sport guinéen.

Famany CONDÉ