Nuit du Cirque 2025 : le gouvernement annonce la valorisation des métiers du cirque par la création d’une école

Le Centre culturel franco-guinéen et la compagnie Circus Baobab ont présenté, hier jeudi 12 novembre 2025, la Nuit du Cirque au Centre culturel franco-guinéen à Kaloum.

L’événement a été lancé par le gouvernement guinéen, représenté par le ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, et par la ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, en présence de plusieurs acteurs culturels et partenaires ayant soutenu l’organisation de cette édition en Guinée.

En prenant la parole, Kerfalla Bakala Camara, cofondateur de Circus Baobab, a déclaré que cette journée représente pour lui un grand moment de reconnaissance envers ses amis disparus, auxquels un hommage a été rendu par une minute de silence.

« C’est un grand honneur pour moi aujourd’hui de remercier toutes les personnes qui nous accompagnent. En regardant tout à l’heure le documentaire de Laurent Souvalier, on se rend compte qu’une trentaine de jeunes ne sont plus là. Moi, c’était en 2000, j’avais presque 14 ans. Aujourd’hui, j’ai 42 ans. J’étais un gamin qui a grandi dans la rue. Grâce à cette histoire, à ce que j’ai vécu, je suis devenu quelqu’un aujourd’hui. Et je ne suis pas le seul. Plusieurs générations sont passées par là, comme Yamoussa Bangoura qui est aujourd’hui au Canada », a-t-il rappelé.

Dans sa communication, la ministre Aminata Kaba, parlant au nom des ministres de la Jeunesse, de la Culture, de l’Artisanat et au nom du gouvernement, a affirmé que cet événement, au-delà d’une célébration artistique, incarne la vitalité de la jeunesse guinéenne, la puissance créative du peuple et la marche résolue de la nation.

« L’action qui nous réunit ce soir s’inscrit pleinement dans le pilier numéro 2 du programme Simandou 2040, Éducation et Culture, qui promeut la valorisation du capital humain, l’inclusion sociale et la reconnaissance des métiers porteurs et dignes. »

Selon la ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, la jeunesse guinéenne est la force vive et la fierté de la nation, incarnant à la fois le présent et l’avenir du pays.

« Si les arts permettent à la jeunesse guinéenne de briller sur les scènes nationale et internationale, le cirque demeure l’un des domaines qui ont su révéler et promouvoir les talents guinéens à l’échelle mondiale. Le cirque guinéen n’est pas seulement un art du spectacle : c’est un outil puissant d’éducation, d’insertion socioprofessionnelle et de transformation humaine. Il révèle et valorise les talents intellectuels, physiques et psychomoteurs de notre jeunesse, souvent méconnus ou sous-estimés, en leur offrant une voie d’expression, d’apprentissage et d’épanouissement. »

Aminata Kaba a également annoncé que le gouvernement entend poursuivre la valorisation des métiers du spectacle de cirque à travers la création d’une école dédiée.

« Le Centre d’excellence des arts du cirque est le fruit d’une collaboration intersectorielle encouragée par le gouvernement guinéen, réunissant trois départements ministériels : le ministère en charge de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, le ministère de la Culture et de l’Artisanat, et enfin le ministère de la Jeunesse. Ce centre constitue une innovation majeure : il ne s’agit pas d’une école comme les autres, mais d’un espace inclusif et évolutif, ouvert à tous les jeunes, y compris à ceux qui n’ont pas pu ou su suivre un parcours scolaire complet. Il adoptera un cursus multigrade, offrant plusieurs niveaux de formation. »

Ce projet voit le jour grâce à l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont l’Agence française de développement, l’ambassade de France et le Royaume du Maroc.

Pour l’ambassadeur du Royaume du Maroc en Guinée, le cirque incarne « la magie de l’impossible, transformant l’ordinaire en extraordinaire ».

« Le cirque est aussi un langage universel qui valorise la discipline, la créativité et le dépassement de soi. Il nous rappelle que la joie véritable naît de l’audace. En Guinée, grâce au Circus Baobab, il est devenu une véritable école vivante d’inclusion, de transmission, de solidarité et d’espoir, révélant des générations de jeunes talents qui parcourent aujourd’hui le monde et contribuent au rayonnement du pays. »

Selon lui, la Nuit du Cirque se veut également un espace d’échanges, bâtissant des ponts entre les talents de la scène circassienne et offrant des opportunités à la jeunesse du continent africain.

Du côté de la France, représentée par M. Sébastien au nom de l’Ambassade de France, celui-ci a déclaré :
« Pour nous, la Nuit du Cirque n’est plus seulement un événement, c’est un avènement. L’avènement d’une constellation, une étoile née de la passion comme nous l’avons vu tout à l’heure des compagnies et artistes guinéens, et de tous ceux qui sont conscients que la culture est une respiration universelle. Le cirque guinéen serait né sans murs ni rideaux, parfois sur le sable chaud : au commencement, il n’y avait ni piste ni projecteurs, avec pour seul chapiteau le ciel, et pour seules lumières les étoiles. »

La cérémonie s’est achevée par une prestation du Circus Baobab, qui a émerveillé le public.

Mohamed Ybno