Sanoyah : l’ONG AIE Impact Plus lance une campagne de sensibilisation sur la santé mentale et la prévention de la dépression chez les jeunes

Le lancement de la campagne de sensibilisation sur la santé mentale et la prévention de la dépression chez les jeunes s’est tenu ce jeudi 5 mars dans la commune urbaine de Sanoyah, autour du thème : « Soutenir les jeunes aujourd’hui pour bâtir demain en brisant le silence ».

La cérémonie, qui s’est déroulée dans une école privée de la commune, a connu la présence des autorités communales de Sanoyah, avec à leur tête le maire Aly Manden Massa Keita, de la direction communale de l’Éducation ainsi que des responsables venus de Coyah. Cette initiative est portée par l’ONG AIE Impact Plus, en collaboration avec les membres de l’OCB (organisation communautaire de base).

Durant quelques semaines, les initiateurs prévoient de parcourir les écoles publiques et privées de la commune urbaine de Sanoyah afin d’échanger avec les jeunes, notamment les filles, sur plusieurs questions liées à la santé mentale. Au cours de cette première journée, les débats entre élèves, initiateurs et autorités ont porté sur plusieurs préoccupations, notamment les moqueries répétées à l’école, les raisons qui poussent certains élèves à abandonner les cours, ou encore vers qui se tourner pour confier ses émotions en cas de difficultés.

Selon Henriette Bondo Kamano, responsable chargée des relations extérieures et des projets de l’ONG, cette initiative est née d’un constat simple mais préoccupant : « De nombreux jeunes vivent du stress, du découragement ou un profond mal-être, souvent en silence. La pression scolaire, les difficultés personnelles et les incertitudes face à l’avenir peuvent fragiliser l’équilibre émotionnel. Face à cette réalité, il était nécessaire d’agir », a-t-elle déclaré.

Elle poursuit : « Notre projet vise à informer, à briser les tabous, à encourager la parole et à promouvoir l’accompagnement lorsque cela est nécessaire. Car un élève ne peut s’épanouir pleinement si son bien-être mental n’est pas pris en compte. »

De son côté, Faramassa Kourouma, directeur communal de l’Éducation de Sanoyah, a félicité Mme Henriette pour cette initiative dont la cible principale est constituée des élèves : « C’est un projet très pertinent. Il nous aide à préparer nos enfants, qui seront les futurs cadres de ce pays. À travers les interventions des élèves, on comprend qu’ils ont eux-mêmes des problèmes. Le projet vient donc à point nommé pour leur permettre de sortir de leur état de détresse », a-t-il souligné.

Présent à la rencontre, le président d’honneur du projet, l’honorable Aboubacar Sabari Conté, conseiller communal de Sanoyah, a salué l’initiative de l’ONG avant de s’adresser aux élèves en ces termes : « Votre santé mentale est aussi importante que vos résultats scolaires. Demander de l’aide n’est pas une faiblesse, c’est une preuve de courage. »

Pour sa part, le colonel Alhassane Mengué Sylla, représentant de l’OPROGEM de Coyah, a expliqué aux élèves le rôle fondamental que joue l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs, encore peu connu dans le système scolaire.
« C’est une structure de la Police nationale qui a pour mission de protéger, d’encadrer et de garantir les droits des personnes vulnérables, plus précisément les femmes et les enfants », a-t-il expliqué.

Pour leur implication dans cette initiative, le colonel Alhassane Mengué Sylla s’est dit convaincu, à travers les démonstrations et les exemples donnés par les élèves, que cette mission ira très loin. « Nous, partenaires de l’État, nous engageons solennellement et fermement à accompagner cette initiative afin qu’elle soit une réussite », a-t-il affirmé.

De son côté, Moussa Djoumessy, parrain du projet, reconnaît que la jeunesse souffre souvent en silence : « Notre jeunesse souffre silencieusement, souvent seule et incomprise. Dans notre pays, plusieurs jeunes souffrent de troubles de santé mentale avant l’âge de 18 ans : l’anxiété, la dépression, les troubles alimentaires ou encore l’isolement social. Ce ne sont pas des caprices de génération, ce sont des détresses réelles qui méritent une réponse réelle », a-t-il déclaré.

Face à ce constat, il promet, en sa qualité de parrain de cette campagne, de mettre sa notoriété, son temps et son énergie au service de la jeunesse.

Pour conclure, le maire de la commune urbaine de Sanoyah a également salué cette campagne menée dans sa commune, avant d’inviter les élèves à accorder une attention particulière aux différents échanges, dans leur propre intérêt.

YB