TPI de kaloum: un jeune jugé pour terrorisme et de port illégal de tenue militaire
Accusé de terrorisme et de port illégal de tenue militaire, Thierno Mouctar Diallo a comparu ce lundi 13 avril 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. À la barre, le prévenu a nié l’accusation du terrorisme avant de contester la nature de la tenue retrouvée sur lui au moment de son arrestation aux alentours du palais Mohamed V le 17 décembre 2025
« C’est une jaquette que j’ai portée, pas une tenue militaire ni celle du Groupement des forces spéciales. Avant mon arrestation, j’étais à Lambanyi quand j’ai reçu un coup de fil d’un ami m’informant que ma mère avait été arrêtée et conduite en ville.
Le lendemain, je suis venu en ville à la DPJ, mais arrivé là-bas, j’ai décidé d’aller voir mon ami du Groupement des forces spéciales, le commandant Kéita, pour avoir son numéro et qu’il m’aide à faire sortir ma mère de prison. Malheureusement, je ne l’ai pas vu. C’est ainsi que j’ai quitté les lieux pour me rendre vers le commissariat, où j’ai été arrêté », a-t-il expliqué.
« Je n’ai jamais rencontré un terroriste. »
Toujours à la barre, il lui a été demandé la provenance de cette tenue. En réponse, le jeune homme de 26 ans, chauffeur de voiture d’occasion au moment de son arrestation et travaillant dans une usine de fabrication de tôle à Gomboyah, explique :
« Je travaillais dans une usine de tôle. C’est une jaquette camouflage que j’ai achetée en Mauritanie, où j’ai séjourné pendant quelques mois. Je n’ai jamais rencontré un terroriste. Là-bas, on peut porter du camouflage. Quand je suis venu dans les environs de la présidence, je portais ce camouflage. La personne que je suis venu chercher à la présidence n’est pas sortie, et en retournant, on m’a arrêté. Je n’ai jamais été dans un centre de traitement pour malades mentaux (cabano). »
Pendant l’audience, le tribunal a brandi une lettre et a demandé au prévenu s’il était conscient de ses actes, au vu du contenu gravissime du document, qui n’a pas été lu publiquement.
« Je n’ai aucun problème mental. Je n’ai pas écrit la lettre, je l’ai ramassée à Madina. On m’a arrêté avec cette lettre que j’ai confondue avec de l’argent. »
Face au président du tribunal, Thierno Mouctar Diallo se dit conscient de ses actes :
« Mon camouflage a été saisi dès mon arrestation. Je suis conscient que ce n’est pas bien d’en porter. C’était une erreur de me rendre dans les environs du palais Mohammed V, c’était imprudent. J’ai appris beaucoup de choses, j’ai été bastonné. Je regrette d’être ici et d’avoir porté ce camouflage. »
Le prévenu dit ne pas comprendre pourquoi, dans son propre pays, il est accusé de terrorisme :
« Alors que dans d’autres pays, personne n’est traité ou accusé de terroriste pour cela. »
Avant de reporter le procès au 27 avril prochain pour permettre la présence de son avocat, absent à l’audience, le prévenu promet qu’une fois sorti de cette affaire, il retournera dans son village :
« Quand je sortirai d’ici, je ne porterai plus jamais cela. Je vais directement me diriger vers le village. »
Mohamed Ybno
