Éducation : Aboubacar Soumah avertit le gouvernement : « Il n’y aura pas d’ouverture apaisée »

À quelques semaines de la rentrée scolaire, annoncée pour le 5 octobre 2026, la tension reste palpable dans le secteur éducatif. Lors des échanges avec la presse ce lundi, l’intersyndicale de l’éducation a fait le point sur l’application du protocole d’accord signé avec le gouvernement. Selon les syndicats, plusieurs engagements restent sans suite concrète, notamment en ce qui concerne la situation des enseignants contractuels, le déblocage des salaires et l’adoption du statut particulier des personnels de l’éducation.

Tout d’abord concernant le concours annoncé par le ministère de la Fonction publique, Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation, assure que l’intersyndicale ne remet pas en cause le principe du recrutement.

« La décision reste claire, l’intersyndicale que vous voyez n’est pas opposée à l’organisation d’un concours. Il faut que ce soit très clair, parce que c’est ce qui se passe actuellement dans la cité : les syndicalistes veulent que n’importe qui soit en classe pour enseigner nos enfants, ils s’opposent au concours. Non, personne n’est opposé à ce que les meilleurs soient recrutés pour enseigner dans les écoles de la République », a-t-il déclaré.

Toutefois, les syndicats contestent la volonté de soumettre une nouvelle fois à une évaluation les anciens enseignants contractuels, déjà évalués dans la pratique de classe.

Selon eux , à l’approche de la rentrée, les conditions matérielles dans plusieurs établissements préoccupent également les syndicats. Pépé Balamou estime que certaines écoles ne sont pas suffisamment préparées pour accueillir les élèves.

« Vous avez les images sur vos réseaux, sur vos sites, des écoles délabrées comme des poulaillers, comme des porcheries. Même à Conakry, il y a des écoles où les toilettes ne sont plus praticables, où il n’y a pas de tables-bancs. […] Le matériel didactique aussi n’est pas là. Aucun enseignant n’a reçu jusqu’à présent un cahier. Aucun document didactique n’est là », a-t-il affirmé.

De son côté, Aboubacar Soumah, secrétaire général du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), appelle les autorités chargées du dialogue social à intervenir afin d’obtenir l’application intégrale du protocole d’accord.

« Au regard de toutes les déclarations qui sont faites par les secrétaires généraux sur la violation de nos droits, l’intersyndicale invite les autorités, les institutions qui sont garantes du dialogue social, à intervenir auprès du gouvernement de Guinée pour que notre protocole d’accord soit respecté dans tous ses points », a-t-il déclaré.

Parmi les revendications figurent notamment le déblocage des salaires, la régularisation des enseignants ayant changé de grade après leur formation, l’engagement des anciens contractuels biométrisés, ainsi que la prise en compte des anciens contractuels non retenus et de ceux de la zone spéciale de Conakry.

À moins de deux semaines de la rentrée scolaire, Aboubacar Soumah évoque ouvertement la possibilité d’un nouveau mouvement de grève si les revendications ne sont pas satisfaites.

« Lorsque la ministre de l’Éducation nous demande une rentrée paisible, la balle n’est pas dans le camp de l’intersyndicale de l’éducation. Ce n’est pas à nous, c’est au gouvernement, qui est responsable de la préservation de ce climat de paix. Si le gouvernement ne respecte pas ses engagements d’ici l’ouverture des classes, alors il n’y aura pas d’ouverture apaisée », a-t-il averti.

Mohamed Ybno