Fonction publique : vers l’évaluation de la performance des agents de l’État dès janvier 2027

Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a annoncé, ce mercredi 28 octobre, le lancement, dès janvier 2027, d’un chantier consacré à l’évaluation de la performance des agents de l’État. L’annonce a été faite à l’occasion de l’atelier de restitution des travaux de saisie des textes et cadres organiques, ainsi que du Référentiel des métiers et des compétences (RCM). Cette réforme vise notamment à clarifier les responsabilités, à rationaliser les effectifs et à améliorer l’efficacité de l’administration publique.

Pour le ministre Faya François Bourouno, cette réforme constitue un levier essentiel de la transformation de l’État. Il estime qu’une administration mal organisée, dans laquelle les postes sont imprécis et les responsabilités mal définies, ne peut mobiliser efficacement les compétences nécessaires au développement du pays.

Inscrivant cette démarche dans la vision Simandou 2040, portée par le président Mamadi Doumbouya, le ministre a rappelé que la réussite des projets structurants dépend également de la capacité de l’administration à mobiliser, à organiser et à valoriser son capital humain.

« Une fiche de poste n’est pas un papier que l’on range dans un tiroir, c’est un engagement », a-t-il souligné, invitant les agents publics à s’approprier ces nouveaux outils et les responsables hiérarchiques à mieux encadrer leurs équipes.

646 structures de l’administration centrale disposent de textes et de cadres organiques validés

Présentant les résultats des travaux, les responsables de la Direction nationale de la modernisation, de la transformation administrative et de la simplification des procédures, ainsi que ceux de la Direction générale de la Fonction publique, ont mis en avant les outils élaborés pour mieux organiser les services publics et définir les responsabilités de chaque agent.

Selon les chiffres présentés lors de la restitution, 646 structures de l’administration centrale disposent désormais de textes et de cadres organiques validés, sur les 905 recensées. Les travaux ont également permis de répertorier 22 500 métiers et 29 548 postes. Les responsables ont, par ailleurs, fait état de 3 869 services, de 985 métiers statutaires et de 108 emplois types.

Ces outils doivent permettre de déterminer plus précisément les missions des structures, les postes nécessaires à leur fonctionnement, les profils recherchés et les compétences attendues des agents. La digitalisation devrait également faciliter le suivi des postes occupés et vacants, grâce à l’établissement d’un lien avec la base de données biométriques des agents de l’État.

Pour les 220 structures dont les textes et les cadres organiques restent à valider, les responsables ont appelé les départements concernés à accélérer la transmission de leurs dossiers.

Un nouveau référentiel des métiers et des compétences

Autre avancée majeure : la révision du Référentiel des métiers et des compétences, dont le précédent dispositif remontait à 1965. Le nouveau référentiel entend dépasser une gestion principalement fondée sur les corps statutaires, les diplômes et les grades, sans remettre en cause les acquis statutaires des fonctionnaires.

Le référentiel s’articule autour de six composantes, notamment les missions de l’État, les domaines fonctionnels, les métiers, les emplois, les compétences et les profils. Selon les données présentées, il intègre 18 domaines fonctionnels, 367 compétences et 8 960 associations entre métiers et compétences.

Dès janvier 2027, des contrats de performance à tous les niveaux hiérarchiques

Au-delà de la réorganisation administrative, le ministre a annoncé le lancement, dès janvier 2027, d’un chantier consacré à l’évaluation de la performance des agents de l’État. Le dispositif devrait s’appuyer sur des contrats de performance déclinés à tous les niveaux hiérarchiques, du secrétaire général aux responsables de division.

« À partir de l’année prochaine, nous comptons lancer le chantier de l’évaluation de la performance des agents. Notre souhait, c’est qu’en début d’année, chaque ministre assigne un contrat de performance à son secrétaire général, à son chef de cabinet et aux membres de son cabinet. Que le secrétaire général assigne des contrats de performance aux directeurs techniques dont il a la charge de coordonner, et que le directeur assigne des contrats de performance aux chefs de division.

Au-delà des contrats de service que nous signons aujourd’hui, dont les structures sont responsables, il faut aussi individualiser la responsabilité, parce que chaque individu occupe une fonction », a-t-il expliqué.

Selon Faya François Bourouno, l’évaluation de la performance constituera un chantier majeur qui sera lancé dès le mois de janvier.

« Et ça va marquer aussi un changement de paradigme, parce que, pendant longtemps, notre gestion du personnel a été avant tout une gestion administrative, c’est-à-dire un agent, un matricule, un dossier, un arrêté. Elle était nécessaire, mais elle n’est plus suffisante au regard du contexte que nous vivons aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Cette évolution devrait également contribuer à identifier les besoins en formation et à construire des parcours professionnels adaptés, en lien avec les établissements de formation administrative et les écoles spécialisées.

La responsabilité individuelle au cœur de la réforme

Dans la suite de son intervention, le ministre a également insisté sur l’importance de la posture personnelle et professionnelle des agents publics, qu’il considère comme un facteur déterminant de la réussite de cette réforme.

« Les structures peuvent être refondues, les textes réécrits, les outils distribués. Si l’état d’esprit ne change pas, rien ne change.

Une fiche de poste n’est pas un papier que l’on range dans un tiroir, c’est un engagement. Elle dit à l’agent : “Voici ce que l’État attend de vous, voici les moyens qu’il s’engage à vous donner pour y parvenir.”

Elle dit aussi à la nation : “Voici à quoi sert ce poste et de quoi son titulaire répond.”

Je demande donc à chaque agent public de se saisir de sa fiche de poste comme d’un point d’appui, qu’il la lise, la questionne, la discute avec son supérieur hiérarchique et revienne là-dessus. Les fiches de poste que nous allons donner sont des standards pour chaque type de métier », a-t-il indiqué.

Le ministre a également appelé les responsables hiérarchiques à adopter une posture tout aussi exigeante.

« Être cadre, ce n’est pas seulement signer et contrôler, c’est répartir le travail avec équité, expliquer, fixer des objectifs réalisables, accompagner, reconnaître ce qui est bien fait, corriger ce qui doit l’être », a-t-il souligné.

Pour l’administration guinéenne, le véritable défi commence désormais : faire de ces nouveaux outils des instruments durables d’efficacité publique, de responsabilisation et d’amélioration de la performance des agents de l’État.

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