Procès en appel : le parquet requiert 10 ans de prison et 50 milliards GNF d’amende contre Mohamed Diané

Le procès en appel opposant l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État (AJE), à Dr Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense nationale poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux portant sur un montant de 511 milliards de francs guinéens, s’est poursuivi ce jeudi 23 juillet 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), présidée par le juge Daye Mara. Cette audience était consacrée aux plaidoiries et aux réquisitions.

Dans ses plaidoiries, la partie civile a demandé à la Cour d’infirmer partiellement le jugement rendu en première instance le 18 décembre 2024. Celui-ci avait condamné Dr Mohamed Diané, sur le plan civil, à verser à l’État la somme de 500 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi, tout en ordonnant la confiscation de ses biens au profit de l’État.

Prenant la parole, le substitut du procureur spécial, Biwon Millimouno, a estimé que la culpabilité de Dr Mohamed Diané ne faisait aucun doute et a fondé ses réquisitions sur plusieurs éléments.

S’agissant des irrégularités dans les marchés publics, le parquet a dénoncé les conditions d’attribution d’un marché d’acquisition de véhicules pick-up militaires à la société Djoma Group SA, d’un montant de 11 milliards de francs guinéens, estimant qu’il avait été attribué en violation des règles de la commande publique.

Concernant le patrimoine du prévenu, le ministère public a soutenu que les revenus officiels de Dr Mohamed Diané  composés de ses salaires de ministre, de ministre d’État et de diverses primes ne permettaient pas de justifier l’importance de son patrimoine immobilier, ni celui enregistré au nom de son épouse, Aminata Touré, et de leurs enfants, Ibrahima Kalil, Ahmed Sékou, M’mawa et Lansana Diané, alors que certains d’entre eux étaient encore mineurs ou étudiants au moment des acquisitions.

Évoquant la gestion des crédits et le cumul de revenus, le parquet a également soutenu que, parallèlement à ses fonctions d’ordonnateur du budget du ministère de la Défense et de la Présidence de la République, le prévenu aurait perçu un salaire mensuel de 900 millions de francs guinéens entre 2015 et 2021 pour se faire passer un cadre de la cour suprême .

Au terme de son réquisitoire, le représentant du ministère public a requis une peine plus lourde que celle prononcée en première instance. Il a demandé :

  • une peine de 10 ans d’emprisonnement ferme ;
  • une amende de 50 milliards de francs guinéens ;
  • la confiscation de l’ensemble des biens mobiliers et immobiliers du prévenu, ainsi que de ceux enregistrés au nom de tiers.

Au moment où nous mettions cet article en ligne, le ministère public venait de terminer ses réquisitions. Il a demandé à la Cour de condamner Dr Mohamed Diané à dix ans d’emprisonnement ferme, au paiement d’une amende de 50 milliards de francs guinéens et à la confiscation des biens saisis.

Mohamed Ybno