Sanoyah : des femmes dans la rue pour contester l’élection d’Aboubacar Sabari Conté

Un groupe de femmes est descendu dans la rue ce vendredi 3 juillet 2026 pour protester contre l’élection d’Aboubacar Sabari Conté à la tête de la commune urbaine de Sanoyah. Cette manifestation spontanée a toutefois été rapidement dispersée par les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Sorties en grand nombre, les manifestantes brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Sanoyah a voté pour la tête de liste du GMD. Le GMD n’a pas deux candidats dans la même commune. Hadja Kanké Yakha est le choix de Sanoyah pour diriger la commune. »

À travers cette mobilisation, elles entendaient dénoncer le déroulement du processus d’installation des conseillers communaux et contester la désignation d’Aboubacar Sabari Conté à la tête de la mairie.

Les manifestantes réclament plutôt l’installation de Hadja Kanké Yakha Camara, qu’elles considèrent comme la personnalité légitime pour diriger la commune.

« Nous avons voté pour Yakha parce qu’elle s’est beaucoup battue pour la cause de la commune de Sanoyah. Au départ, elle voulait même être députée. À notre grande surprise, elle a été désignée tête de liste du GMD à Sanoyah, puisque nous savons tous que c’est elle qui a mobilisé la population lors de la campagne présidentielle en faveur du président Mamadi Doumbouya. Depuis lors, elle défend le président partout. Lorsqu’elle a été choisie comme tête de liste du GMD à Sanoyah, nous avons pensé que c’était une manière pour Mamadi Doumbouya de récompenser Hadja Yakha Camara pour ses bonnes actions. Mais, à notre grande surprise, hier, on nous a annoncé qu’Aboubacar Sabari Conté avait été élu, une décision que nous n’avons pas digérée. Nous avons voté pour une femme et, finalement, c’est un homme qui dirige la mairie. C’est décevant », explique Nana Souaré, l’une des manifestantes.

Elle a également indiqué que, malgré leur déception, les soutiens de Yakha Camara entendent rester fidèles au chef de l’État.

« Notre présidente Yakha nous a dit de rester toujours derrière Mamadi Doumbouya, quelle que soit la situation. Nous avons tout de même décidé de sortir aujourd’hui pour exprimer notre mécontentement, réclamer notre droit et demander aux autorités de s’impliquer afin que notre Yakha revienne à la tête de la commune. Mais les policiers sont venus nous lancer des gaz lacrymogènes. Parmi nous, certaines ont été blessées, d’autres se sont évanouies, alors que nous n’avons insulté personne. Nous exprimions simplement notre mécontentement », a-t-elle dénoncé.

Une autre manifestante, visiblement remontée contre la situation, a réaffirmé la détermination des femmes mobilisées à obtenir l’installation de Hadja Kanké Yakha Camara à la tête de la mairie.

« Nous sommes sorties pour réclamer notre présidente Yakha Camara. C’est pour elle que nous avons voté et c’est elle que nous voulons à la tête de la mairie. Nous ne voulons personne d’autre. Il faut mettre la bonne personne à la bonne place. À Sanoyah, c’est Yakha que nous connaissons, parce que c’est elle qui peut gérer la commune. Nous voulons qu’on la remette à sa place. Sinon, d’ici demain, vous verrez autre chose à Sanoyah », a-t-elle insisté.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur les lieux, la manifestation s’est soldée par l’interpellation de plusieurs femmes, qui auraient été conduites au commissariat central de Coyah.

Au moment où nous quittions les lieux, les manifestantes prenaient la direction du gouvernorat de la ville de Conakry afin de poursuivre leur protestation contre l’installation du nouveau maire de Sanoyah.