Les failles de la justice sous la transition du CNRD : entre attentes et interrogations
Conakry, 31 octobre 2023 – La réforme de la justice figure parmi les principales promesses formulées par les autorités de la transition à la suite de la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) en septembre 2021. Plus de deux ans après, le fonctionnement de l’institution judiciaire continue de susciter débats et analyses.
Boubacar Diallo : « La justice est un pilier de la réfondation »
Pour Boubacar Diallo, la transition avait suscité de nombreux espoirs en matière de gouvernance et d’État de droit.
« En septembre 2021, le CNRD annonçait une refondation profonde de l’État guinéen. La justice devait être indépendante, forte et équitable. Aujourd’hui, une question demeure : assiste-t-on à une véritable rupture ou à une continuité des pratiques passées ? », s’interroge-t-il.
Robert Kamano : « Une justice doit traiter tous les dossiers avec la même impartialité »
Selon Robert Kamano, la perception d’un traitement inégal de certaines affaires judiciaires alimente les interrogations d’une partie de l’opinion.
« Certaines procédures sont conduites rapidement et fortement médiatisées, tandis que d’autres dossiers paraissent évoluer plus lentement. Une justice qui donne l’impression de varier selon les circonstances risque d’affaiblir la confiance des citoyens », estime-t-il.
Aly Sidibé : « Les droits fondamentaux doivent être préservés »
De son côté, Aly Sidibé insiste sur l’importance du respect des garanties judiciaires durant la période de transition.
« Les questions liées aux détentions prolongées et au droit à un procès équitable méritent une attention constante. La présomption d’innocence et les libertés fondamentales demeurent des principes essentiels de tout État de droit », déclare-t-il.
Mouctar Barry : « La lutte contre la corruption doit être impartiale »
Pour Mouctar Barry, la lutte contre la corruption constitue une priorité, à condition qu’elle soit appliquée avec impartialité.
« Cette lutte ne gagnera pleinement en crédibilité que si elle repose sur la transparence, l’égalité devant la loi et l’absence de toute distinction entre les justiciables », affirme-t-il.
Conclusion :
À travers ces analyses, les auteurs soulignent que la consolidation de l’État de droit passe par une justice indépendante, impartiale et respectueuse des droits fondamentaux. Ils estiment que la réussite de la transition dépendra notamment de la confiance que les citoyens accorderont aux institutions judiciaires.
Déclarants :
• Boubacar Diallo
• Robert Kamano
• Aly Sidibé
• Mouctar Barry
